Haute-Garonne : des milliers de manifestants à Saint-Gaudens contre la fermeture de l'usine…

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By InfoHunter


Malgré une pluie battante, plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi dans les rues de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), pour dénoncer la fermeture annoncée de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence. Une mobilisation massive pour défendre près de 300 emplois directs et l’avenir économique d’un territoire rural déjà fragilisé.

Sous des trombes d’eau, la mobilisation n’a pas faibli. Environ 3.000 personnes, selon la CGT, ont manifesté ce samedi 31 janvier à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, pour s’opposer à la possible fermeture de l’usine Fibre Excellence. En tête du cortège, les salariés du site, reconnaissables à leurs gilets de travail jaune fluo, ont été rejoints par des habitants, des élus et des commerçants, ces derniers ayant fermé boutique en signe de solidarité.

L’annonce d’une fermeture potentielle est tombée brutalement il y a une quinzaine de jours, peu après les fêtes de fin d’année. «C’est difficile, ça a été vraiment du jour au lendemain, c’est compliqué pour beaucoup de familles impactées par cette fermeture possible», a confié à l’AFP Audrey Noël, épouse d’un contremaître de l’usine, venue manifester avec ses deux filles.

Véritable poumon économique du territoire, l’usine de Saint-Gaudens emploie près de 300 salariés. Elle est menacée au même titre qu’un autre site du groupe Fibre Excellence, à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, qui compte environ 250 emplois.

L’avenir suspendu au coût de l’électricité

Pour les représentants syndicaux, la situation financière du groupe est largement liée à la hausse des coûts de production. «Aujourd’hui on a perdu beaucoup d’argent sur l’année 2025, on est en difficulté financière, parce que le prix de la pâte n’est pas bon depuis un an. Le prix des matières premières a fortement augmenté et le prix de notre contrat EDF n’est pas à la hauteur», explique Sébastien Oustric, délégué CGT de l’usine.

Selon lui, les discussions engagées depuis plusieurs mois avec l’Etat n’ont pas abouti. «Aujourd’hui l’actionnaire nous a dit : au rythme où on va, le 15 mars ce sera la fermeture, la cessation de paiement et tout ce qui en découlera», alerte-t-il.

Un constat partagé par le maire de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos (DVG), pour qui l’issue du dossier dépend désormais du gouvernement. «Le sauvetage immédiat dépend uniquement du Premier ministre et de l’Etat. Si le tarif de l’électricité est rehaussé, l’usine est sauvée», affirme-t-il, rappelant que le site produit également de l’énergie en plus de la pâte à papier.

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Présente dans le cortège, la présidente de la région Occitane, Carole Delga (PS), a dénoncé un «double langage» de l’exécutif. «On n’en finit pas d’entendre que l’on soutient la réindustrialisation. Là, le gouvernement est en train d’enterrer une usine de pâte à papier», a-t-elle fustigé.

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