En Roumanie, le président pro-européen démissionne, deux mois après l’annulation de la présidentielle entachée de soupçons d’ingérence russe

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By InfoHunter


Lors d’une allocution, Klaus Iohannis a déclaré vouloir « épargner à la Roumanie et aux citoyens roumains une crise ». Le candidat d’extrême droite, Calin Georgescu, était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle.

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Le président roumain Klaus Werner Iohannis au Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin), le 7 février 2024. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Il jette l’éponge. Le chef d’Etat roumain Klaus Iohannis, âgé de 65 ans, a annoncé, lundi 10 février, sa démission, prenant acte des critiques concernant le maintien à son poste après l’annulation de la présidentielle en décembre. « Afin d’épargner à la Roumanie et aux citoyens roumains une crise, je quitterai mes fonctions » mercredi, a-t-il déclaré lors d’une allocution solennelle à Bucarest.

Calin Georgescu, candidat d’extrême droite, était arrivé en tête du premier tour, à la surprise générale, mais la Cour constitutionnelle avait annulé l’élection le 6 décembre, deux jours avant la date prévue du deuxième tour. Les autorités l’accusaient d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite sur la plateforme TikTok, sur fond de soupçons d’ingérence russe. La Commission européenne a ouvert une enquête. « Un candidat a illégalement bénéficié d’une promotion passive et a déclaré zéro euro de dépenses », avait dénoncé le président sortant, libéral et pro-européen. « Sa campagne a, en outre, été soutenue par un Etat étranger. Il s’agit de choses graves. »

Libéral et pro-européen, Klaus Iohannis avait alors décidé de rester jusqu’à l’élection de son successeur, prévue les 4 et 18 mai. Depuis, des dizaines de milliers de Roumains sont descendus dans la rue pour dénoncer un « coup d’Etat » et après plusieurs tentatives de l’opposition, le Parlement avait prévu de se réunir cette semaine en session plénière avant un possible référendum. « Dans quelques jours, le Parlement roumain va se prononcer sur ma révocation et la Roumanie va plonger dans la crise (…) avec des répercussions dans le pays et malheureusement aussi en dehors de nos frontières », a expliqué Klaus Iohannis.

Le vainqueur surprise du premier tour, Calin Georgescu, n’avait pas encore réagi. Critique de l’UE comme de l’Otan et opposé à toute aide militaire à l’Ukraine, il a déposé plusieurs recours en justice contre l’annulation, dont l’un auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a rejeté sa requête.





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