L’islamologue Tariq Ramadan doit comparaître dès ce lundi 2 mars devant la cour criminelle départementale de Paris. Accusé de viols sur trois femmes commis en France entre 2009 et 2016, le prédicateur de 63 ans encourt vingt ans de réclusion criminelle.
L’un des procès les plus attendus de l’année en cours. Dès ce lundi 2 mars, et jusqu’au 27 mars prochain, l’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viols sur trois femmes, doit comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris, composée uniquement de juges professionnels. La comparution du jour du prédicateur de 63 ans survient après que la Cour de cassation a rejeté, en octobre 2024, les pourvois formés par l’islamologue.
Les faits qui lui sont reprochés ont été commis en France, entre 2009 et 2016. Dans cette procédure très médiatisée et emblématique de l’ère #MeToo, les plaignantes ont en effet décrit des relations sexuelles particulièrement brutales résumées ainsi par les juges d’instruction dans leur ordonnance, consultée par l’AFP : «La main qui tient et force la tête, le bras qui empêche de bouger ou de se retourner, le poids du corps, le regard de fou, les paroles de domination et de soumission, les ordres, les gestes, cette attitude pour imposer les pénétrations».
Un huis clos demandé par une des victimes
L’affaire avait éclaté en octobre 2017, après les plaintes déposées par Henda Ayari et «Christelle» (nom d’emprunt), qui dénonçaient respectivement un viol en 2012 à Paris et en 2009 à Lyon.
D’ailleurs, cette dernière victime va demander le huis clos «afin de protéger son identité et d’éviter de revivre l’acharnement, les menaces et le harcèlement qu’elle a subis durant l’information judiciaire, l’accusé n’ayant pas hésité à divulguer et exposer publiquement son identité à de multiples reprises», ont indiqué à l’AFP ses avocates, Me Laura Ben Kemoun et Me Laure Heinich.Un huis clos qui lui sera accordé de droit.
Entre début 2018 et octobre 2020, Tariq Ramadan avait été mis en examen pour viols sur ces deux premières plaignantes et trois autres victimes potentielles, puis incarcéré pendant dix mois. Celui qui avait d’abord nié avoir eu des relations sexuelles avec ces femmes, avait ensuite reconnu avoir partagé des «relations de domination» rudes mais «consenties».
Le 7 juillet 2023, après six ans d’enquête, deux juges d’instruction avaient ordonné le renvoi de Tariq Ramadan pour des viols sur Henda Ayari, «Christelle», Mounia Rabbouj et une quatrième femme. Mais l’islamologue avait saisi la cour d’appel, qui a finalement écarté le cas de cette dernière. Dans son arrêt en date du 27 juin 2024, la seconde instance avait pris sur le fond le contre-pied des magistrates instructrices et de l’enquête, qui s’était focalisée sur l’emprise, en retenant la violence comme principal stratagème des viols imputés à l’islamologue et, par conséquent, ordonnant un procès pour Tariq Ramadan pour un viol aggravé sur une femme et deux viols sur deux autres.
Tariq Ramadan «ne disposera pas pleinement de toutes ses facultés» en raison du ramadan
Tariq Ramadan et Mounia Rabbouj, avaient alors formé des pourvois antagonistes, le premier demandant un non-lieu général, la seconde l’ajout de ses accusations rejetées par la cour d’appel.
De plus, le prédicateur de 63 ans avait ensuite multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d’un procès, arguant disposer de nouvelles expertises prouvant selon lui son innocence.
La dernière requête en récusation remonte au mois de janvier 2026. Dans celle-ci, il reprochait à la présidente de la cour criminelle départementale de Paris de ne pas vouloir déplacer les dates du procès qui doit se tenir en partie durant la période du ramadan, «pendant laquelle il ne disposera pas pleinement de toutes ses facultés, et ce d’autant plus qu’il est affecté par la maladie», ont commenté ses avocats Mes Ouadie Elhamamouchi, Nabila Asmane, Sarah May Vogelhut et Marie Burguburu.
Pour les faits qui lui sont reprochés, Tariq Ramadan encourt vingt ans de réclusion criminelle.
Pour rappel, en août 2025, la plus haute autorité judiciaire suisse a indiqué que Tariq Ramadan avait été définitivement condamné à trois ans de prison dont un an ferme pour viol, mais ses avocats avaient fait savoir qu’il allait saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
![D’après nos informations, le nourrisson ne présenterait aucune trace de violence, de maltraitance ou de carence. [DENIS CHARLET / AFP] Tariq Ramadan : l'islamologue jugé à Paris pour des viols sur trois femmes commis en...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_8x629w-taille1200_69a2f58872cbb.jpg?h=ff8f1f42&itok=R8u3Refq)