Ce samedi 21 février, quelques heures après avoir signé un décret instaurant un droit de douane mondial de 10 %, qui vient s’ajouter à ceux déjà en vigueur, le président américain a annoncé faire passer ses nouveaux droits de douanes mondiaux de 10 à 15%.
Le président américain contre-attaque. Donald Trump a annoncé samedi relever de 10 à 15% ses nouveaux droits de douane mondiaux «avec effet immédiat». Une décision présentée comme une réponse à l’arrêt rendu la veille par la Cour suprême, qui a infligé un revers majeur à sa stratégie commerciale.
Un «examen approfondi»
«En tant que président des États-Unis d’Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10%» annoncés la veille «au niveau pleinement autorisé (…) de 15 %», a écrit le dirigeant américain sur son réseau Truth Social. Cette hausse découle d’un «examen approfondi» de la décision de la haute juridiction, qu’il a de nouveau qualifiée de «ridicule» et «extraordinairement anti-américaine».
Vendredi, Donald Trump avait déjà signé depuis le Bureau ovale un décret instaurant une taxe douanière mondiale de 10%, censée entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours.
Des exemptions sectorielles, notamment pour l’industrie pharmaceutique et pour les biens concernés par l’accord États-Unis–Mexique–Canada, étaient prévues, selon la Maison Blanche. Le nouveau taux vise plusieurs partenaires commerciaux ayant conclu des accords avec Washington, dont l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan, qui avaient accepté un plafond de 15% de surtaxe.
«Des pouvoirs et des contrepouvoirs dans les démocraties»
La décision de la Cour suprême, rendue vendredi, a été accueillie avec prudence par les principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Le président français Emmanuel Macron s’en est félicité, jugeant «bien» qu’il existe «des pouvoirs et des contrepouvoirs dans les démocraties».
«Nous voulons continuer à exporter (…) et le faire avec les règles les plus loyales qui soient (…) et ne pas subir des décision unilatérales», a-t-il déclaré samedi, appelant à «être dans une logique d’apaisement».
Une Cour suprême pourtant à majorité conservatrice
Selon l’arrêt adopté par six juges sur neuf, Donald Trump ne peut invoquer une urgence économique pour justifier ces droits de douane. Une position notable alors même que la Cour suprême, à majorité conservatrice, s’est déjà prononcée à plusieurs reprises en faveur du président républicain.
Pour instaurer ces surtaxes, Donald Trump s’était appuyé sur un texte de 1977 permettant à l’exécutif d’agir sans validation préalable du Congrès en cas d’«urgence économique». Or, d’après le président de la Cour suprême, John Roberts, le chef de l’État doit «justifier d’une autorisation du Congrès claire» pour mettre en place de tels droits de douane.
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