Le remaniement gouvernemental pourrait être repoussé au milieu de la semaine prochaine, dans l’attente d’une possible motion de censure du Rassemblement national sur la feuille de route énergétique. Plusieurs départs ministériels sont envisagés, tandis que l’exécutif ajuste son calendrier politique.
Une semaine animée au sein de l’exécutif ? Un remaniement gouvernemental ne devrait pas intervenir avant le milieu de la semaine prochaine au plus tôt, dans l’attente d’une éventuelle motion de censure du Rassemblement national, selon plusieurs sources concordantes au sein de l’exécutif, confirmant des informations du Parisien.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu «attend de savoir quand sera discutée l’éventuelle motion de censure du Rassemblement national» et «par respect pour le Parlement, on ne va pas modifier le gouvernement avant», indique son entourage.
«Passage en force»
Le RN envisage une motion portant sur la feuille de route énergétique récemment fixée par décret, alors que le parti réclamait un passage par la loi. Dénonçant un «passage en force», le mouvement pourrait déposer son texte lundi, d’après une source de l’exécutif, pour un examen dans l’hémicycle mercredi au plus tôt.
Ce calendrier repousserait le remaniement que le chef du gouvernement souhaitait initialement conduire avant le début de la période de réserve des élections municipales, prévue ce dimanche.
Trois ministres sur le départ
Au moins trois ministres sont annoncés sur le départ : la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris ; la ministre du Budget Amélie de Montchalin, nommée à la Cour des comptes ; et la ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq, qui souhaite retrouver son siège de députée.
L’entrée en fonctions d’Amélie de Montchalin dès lundi rue de Montpensier contraint néanmoins l’exécutif à la «dénommer» officiellement dimanche, précise l’entourage de Sébastien Lecornu.
Pour lui succéder, l’actuel ministre délégué à la Fonction publique David Amiel «tient la corde», selon plusieurs sources gouvernementales. Reste à déterminer s’il sera promu dès dimanche ou si le ministre de l’Économie Roland Lescure assurera un intérim de quelques jours, comme l’avance une source de l’exécutif.
Rachida Dati «s’accroche»
Bien que l’entourage du Premier ministre affirme que le «cas Dati n’a rien à voir» avec ces nominations, plusieurs sources proches du président estiment que la ministre de la Culture ne serait pas pressée de quitter ses fonctions : «elle s’accroche comme une bernique» et «fait du lobbying» pour rester le plus longtemps possible.
De son côté, l’intéressée a simplement déclaré mercredi dernier qu’elle «quitterai(t) le gouvernement avant les élections», dont le premier tour est fixé au 15 mars, rappelant qu’Edouard Philippe était resté à Matignon tout en menant sa campagne municipale au Havre en 2020.
Pour lui succéder rue de Valois, Catherine Pégard, ancienne présidente du château de Versailles, ex-conseillère culture de Nicolas Sarkozy et actuelle conseillère d’Emmanuel Macron, apparaît comme la favorite.
![La question du remaniement se précise. [Benoit Tessier/Gonzalo Fuentes/REUTERS] Remaniement : le gouvernement suspendu à une possible motion de censure du RN](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/fotojet_2_698c693f41176.jpg?itok=GonLAXxA)