Pour lutter contre la prolifération des champs de coca, qui permettent la production de cocaïne, la Colombie a repris les épandages de glyphosate par les airs, a indiqué ce vendredi l’ambassade américaine à Bogota.
Une façon originale et controversée de lutter contre le narcotrafic. L’ambassade américaine à Bogota a annoncé ce vendredi que la Colombie a repris les épandages de glyphosate par les airs pour lutter contre la prolifération des champs de coca, plante dont est issue la cocaïne.
Les Etats-Unis de Donald Trump mettent une forte pression sur la Colombie, plus gros producteur de cocaïne, pour qu’elle jugule le narcotrafic, alors que la production et les exportations de cette drogue ont augmenté depuis l’arrivée au pouvoir de Gustavo Petro.
«La Colombie a commencé la destruction de cultures de coca avec des drones», et le soutien du gouvernement américain, a annoncé sur X l’ambassade des Etats-Unis dans la capitale colombienne.
«Cette technologie pourrait être fondamentale : moins de cultures de coca, plus de sécurité en Colombie, moins de drogues mortelles qui arrivent dans les rues américaines», s’est-elle félicitée.
Une pratique à risques
Les épandages de glyphosate par avions avaient été interdits en Colombie en 2015 en raison des risques pour la santé humaine.
Mais le président Gustavo Petro, qui avait constamment critiqué l’utilisation du glyphosate lorsqu’il était sénateur d’opposition, a revu sa position. Son gouvernement avait annoncé en décembre dernier la reprise de cette pratique, répondant aux exigences américaines.
Les relations bilatérales se sont quelque peu détendues depuis une rencontre au début du mois entre Gustavo Petro et Donald Trump, qui ont semblé trouver un terrain d’entente après des mois d’escalade verbale.
La nouvelle mesure prévoit que les drones voleront à une altitude maximale de 1,5 mètre au-dessus des plants de coca et procéderont à une pulvérisation contrôlée afin d’éviter que le produit chimique n’affecte les populations riveraines ou les écosystèmes, a souligné le ministre de la Justice par intérim, Andrés Idárraga.
L’épandage aura lieu dans les fiefs du trafic de drogue où les organisations armées «contraignent les agriculteurs à cultiver des feuilles de coca», a-t-il précisé.
Des habitants s’opposent au glyphosate pour des raisons de santé et parce qu’il détruit les cultures légales. Ils ont également signalé des malformations congénitales à la suite d’épandages. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre les effets potentiellement cancérogènes de cet herbicide particulièrement efficace.
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