Seconde Française à s’envoler vers l’ISS, Sophie Adenot s’est vue confier une mission singulière : préparer un repas frais dans l’espace à l’aide du Food Processor. L’objectif est de démontrer que les astronautes peuvent gagner en autonomie, en vue de missions plus lointaines.
L’excellence culinaire française jusque dans l’espace. Ce vendredi 13 février, à 11h15, Sophie Adenot décollera à destination de la Station spatiale internationale (ISS), devenant ainsi la deuxième Française à s’envoler dans l’espace. Mais au-delà de sa mission d’astronaute, elle s’est vu confier une autre tâche, tout aussi importante, quoique plus insolite : endosser le rôle de cheffe cuisinière en orbite.
Pour cela, elle pourra utiliser le Food Processor, un appareil spécialement conçu pour préparer des repas dans l’espace. Car en apesanteur, cuisiner relève du défi. «À cause de l’apesanteur, tout flotte dans l’ISS», explique Benjamin Peters, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace de Toulouse, auprès de l’Édition du soir. «On ne peut ni découper des aliments en morceaux, ni produire de miettes, ni faire bouillir de l’eau dans une casserole. Tout ce qui flotte représente un danger : les liquides peuvent provoquer des courts-circuits.»
C’est la raison pour laquelle les occupants de l’ISS ne consomment aujourd’hui que des conserves ou des aliments lyophilisés conditionnés en sachets. Mais cette contrainte pourrait bientôt appartenir au passé. Grâce au Food Processor, Sophie Adenot aura pour mission de préparer un plat végétarien : un mélange de caviar d’aubergines et de houmous de pois chiches, accompagné de sticks de pain d’épices ou de pain de Gênes, à tremper, le tout servi frais !
À terme, l’objectif est de faire du Food Processor un objet du quotidien afin de permettre aux astronautes de bénéficier d’aliments frais, notamment lors de missions de longue durée, comme de futurs voyages vers Mars.
En effet, lors de ces expéditions lointaines, les astronautes ne pourront pas être ravitaillés aussi régulièrement qu’à bord de l’ISS et devront donc gagner en autonomie. C’est pourquoi le Food Processor et les ingrédients utilisés pour la recette de Sophie Adenot reposent sur des produits cultivés directement dans la station, où un potager expérimental a déjà été mis en place.
Une perceuse en lieu et place d’un fouet
La mission de Sophie Adenot n’est pas une première. Le Food Processor a, en effet, été inauguré en 2023 lors de la mission Alpha, à laquelle participaient Thomas Pesquet et l’astronaute danois Andreas Mogensen, désigné chef cuisinier pour l’occasion.
Celui-ci avait alors réalisé la toute première mousse au chocolat de l’histoire préparée dans l’espace. L’expérience lui avait pris près de deux heures, et les difficultés étaient apparues dès l’assemblage de l’appareil. «C’est une grosse cuve argentée, fermée sur le dessus pour retenir les aliments, sur laquelle des poches lyophilisées sont vissées», explique Benjamin Peters. Ces poches sont ensuite pressées afin que leur contenu soit libéré dans la cuve, précise-t-il.
Pour monter les blancs en neige, Andreas Mogensen avait dû recourir à… une perceuse improvisée en fouet. Emboîtée dans l’appareil, elle actionne un mécanisme qui permet de faire tourner un fouet couvrant l’ensemble du volume du bol.
Depuis 2023 toutefois, le Food Processor n’avait plus été utilisé, car trop complexe. L’objectif est donc désormais de l’améliorer, afin de le rendre plus simple d’utilisation, aussi bien pour les missions spatiales de longue durée que pour des utilisations terrestres, notamment auprès de personnes à mobilité réduite.
![Sophie Adenot étudiera entre autre les effets de la micropesanteur sur l'alimentation. [© Ina FASSBENDER / AFP] Sophie Adenot : comment la Française va s'improviser cheffe en préparant des plats grâce à un...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_33ec3kn-taille1200_698cb4fcadf50.jpg?itok=csnMtVeh)