Une atteinte à la «liberté des citoyens» : le fondateur de l'application Telegram dénonce les…

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By InfoHunter


Le fondateur de l’application de messagerie en ligne Telegram, Pavel Dourov, a dénoncé ce mardi les restrictions annoncées par les autorités russes sur sa plate-forme, y voyant une atteinte à la «liberté des citoyens».

Une tentative politique de contrôler la population russe ? Le Kremlin reproche à l’application Telegram une «violation» des lois du pays, notamment en matière d’utilisation de la plate-forme «à des fins terroristes». Le fondateur de cette messagerie alerte de son côté quant à une tentative de forcer les Russes à migrer vers une messagerie locale plus facile à contrôler.

«Restreindre la liberté des citoyens n’est jamais la bonne solution. Telegram défend la liberté d’expression et la vie privée, quelles que soient les pressions», a affirmé Pavel Dourov sur Telegram, ce mardi 10 février.

Une volonté de «forcer les gens à migrer vers une application contrôlée» ?

Le Russe, qui a acquis la nationalité française en 2021, a créé ce service de messagerie qui fait partie des plus populaires en Russie, avec Whatsapp, dont le fonctionnement est presque complètement bloqué dans le pays depuis janvier pour les mêmes motifs.

Il accuse son pays d’origine de chercher à «forcer ses citoyens à migrer vers une application contrôlée par l’État, conçue pour la surveillance et la censure politique». L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé la poursuite d’une «stratégie d’étranglement de la circulation de l’information», rappelant que la Russie est classée 171e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse. Amnesty International a fustigé un «nouveau coup porté à la liberté d’expression».

L’Agence russe de surveillance des télécommunications (Roskomnadzor) accuse Telegram de ne prendre «aucune mesure réelle» afin de «lutter contre l’escroquerie et l’utilisation de la messagerie à des fins criminelles et terroristes. Pour cette raison, Roskomnadzor va continuer de mettre en place des restrictions progressives afin d’obtenir le respect de la loi russe et d’assurer la protection des citoyens», a-t-elle indiqué dans un communiqué mardi.

Les appels interdits sur Telegram et Whatsapp depuis 2025

L’été dernier, la Russie avait déjà interdit aux internautes de passer des appels sur Telegram et Whatsapp, propriété du géant américain Meta, dans le cadre d’une répression menée contre les réseaux sociaux détenus par des étrangers.

Les escroqueries via messageries sont très fréquentes en Russie. Les autorités accusent aussi Kiev de recruter des Russes via ces applications pour leur faire commettre des actes de sabotage en échange d’une rémunération.

Plusieurs comptes Telegram d’observateurs militaires russes ont toutefois critiqué mardi ces restrictions, craignant qu’elles n’entraînent une perte d’influence du récit pro-Kremlin sur la scène informationnelle mondiale.

L’information russe en plein repli sur lui-même ?

«Le système d’information russe se replie de plus en plus sur lui-même et il est peu probable qu’il ait un quelconque impact à l’étranger», a réagi le compte Dva Maïora, suivi sur Telegram par 1,2 million d’utilisateurs.

Selon cette source, «ce seront désormais nos experts du ministère des Affaires étrangères» qui «communiqueront au monde la position des gens» en Russie et «pas les gens eux-mêmes».

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Telegram est le canal de diffusion principal de nombreuses chaînes de militants pro-Kremlin. Ces contenus russophones sont également visibles par la population en Ukraine, où l’application est également très populaire.

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