Champion olympique de poursuite, en 2006, à Turin, l’ancien biathlète Vincent Defrasne, est revenu pour .fr sur son sacre italien, mais également sur les chances de médaille française lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina qui débutent, ce dimanche, avec le relais mixte.
Devenu depuis les années 2000 le principal pourvoyeur de médailles de sport français aux Jeux d’hiver (33 au total, dont treize en or), le biathlon peut faire mouche d’entrée, avec son relais mixte (14h05). Sacrés dans la discipline en 2018, médaillés d’argent quatre ans plus tard, les Bleus et Bleues sont en configuration «Dream Team» pour leur premier rendez-vous à Anterselva.
Leader du classement général de la Coupe du monde, Éric Perrot lancera le quatuor français et sera suivi du héros des JO-2022 Quentin Fillon Maillet qui transmettra le relais à la N.1 mondiale Lou Jeanmonnot. Vincent Defrasne, champion olympique de poursuite, il y a 20 ans, à Turin, s’est confié à à quelques heures du début des hostilités pour faire le point sur les chances de médaille des Français.
Revenons en 2006, il y a 20 ans, quelles étaient vos ambitions pour ces Jeux olympiques de Turin ?
Au fond de moi, j’avais l’ambition d’avoir une médaille en individuel et une médaille en relais. Et ça, c’était clair dès la préparation de l’été qui précédait l’événement en Italie. Et puis ça s’est affiné parce que j’ai fait des podiums en Coupe du monde sur les épreuves du début de saison. J’ai gagné pour la première fois juste avant les Jeux.
🇫🇷 Vous ne verrez rien de plus beau aujourd’hui 💥
Vincent Defrasne – Poursuite des JO de Turin 2006 🥇pic.twitter.com/ZnhN16k4eV— SPORTRICOLORE (@sportricolore) February 3, 2026
J’avais un plan dans ma tête qui était tout tracé, c’était d’être médaillé en relais à Salt Lake City et ensuite, je voulais être médaillé en individuel à Turin pour finir par aller chercher l’or à Vancouver en 2010. Finalement j’ai réussi à avoir l’or dès les Jeux de Turin. J’avais donc ce plan en tête, mais ça ne se passe jamais comme on peut l’imaginer, finalement j’ai un peu grillé une étape et j’ai gagné quatre ans.
Est-ce que vous vous rendez compte que vous marquez l’histoire en étant sacré sur cette poursuite ? Est-ce que vous pouvez nous refaire le fil de la course ?
On m’en parle tous les jours, mais vraiment, on me parle de ce titre olympique tous les jours. J’ai terminé 5e du sprint, mais le site des Jeux de 2006 était tellement difficile qu’il pouvait y avoir des surprises, de gros écarts. Il était clair que des sportifs très en forme pouvaient creuser des écarts. Dans le dernier tour, je suis en tête, mais Ole Einar Bjorndalen (huit fois champion olympique) finit par me rattraper.
Pour ce qui est des garçons, la préparation est parfaite
À partir de ce moment-là, je me suis mis en mode stratégie, même si au fond je pensais que c’était mal barré. Dans la dernière ligne droite, après avoir été déséquilibré, j’ai senti une espèce de force qui venait vraiment de l’intérieur, j’avais tellement envie de gagner. Dans les 20 derniers mètres, je me disais que j’étais en train de le faire, mais en même temps je ne voulais pas me réjouir trop vite. Il faut valider les choses avant d’être content. Et quand je passe la ligne, je suis champion olympique et c’est un capharnaum incroyable, en termes de sentiments, en termes de concentration, en termes d’émotion, c’était fou.
Et quatre ans plus tard, vous prenez votre retraite avec un titre olympique, deux médailles, un globe de cristal et le rôle de porte-drapeau à Vancouver. Avec le recul, est-ce que vous êtes fier de votre carrière ?
Je suis fier du fond et de la forme, même si je suis lucide et que je sais qu’il y a des palmarès plus grands, plus réguliers. Mais moi, ce qui me faisait vibrer, le plus gros moteur dans ma carrière, ça a toujours été les Jeux olympiques. Mais oui, je suis ravi et fier de la manière aussi parce que je crois que j’ai réussi à faire cette carrière tout en étant un équipier, je pense, fiable et fidèle dans l’équipe de France.
Passons désormais aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina qui vont débuter ce dimanche 8 février pour le biathlon. Comment vous avez senti la préparation de ce groupe France avant les Jeux ?
Il y a un Français et une Française en tête des classements généraux de la Coupe du monde. Chez les filles, c’est un peu rocambolesque avec une cohésion de groupe qui n’est pas au top. Mais pour ce qui est des garçons, la préparation est parfaite.
🇫🇷 18 février 2006 🗓️@VDefrasne devient champion olympique de la poursuite à Turin grâce à une dernière ligne droite d’anthologie 🥇@FranceOlympique@FedFranceSkipic.twitter.com/Sho0Beuw7m
— SPORTRICOLORE (@sportricolore) February 18, 2022
On ne peut pas rêver mieux, on ne peut pas demander plus. Honnêtement, c’est fou la qualité et la densité des résultats que ce soit en individuel ou en relais. Moi, je suis bluffé par leur densité, le nombre de garçons qui sont aussi haut en termes de niveau.
Quelle est votre prédiction concernant le nombre de médailles que l’équipe de France peut rapporter lors de ces Jeux ?
Je vois bien les deux relais médaillés et à mon avis, ça sera encore mieux, car je verrais bien un des deux relais remporter le titre olympique. Sur les relais masculins et féminins et même sur le relais mixte, je vois les Français sur le podium à chaque fois. Et en individuel, je vois plusieurs médailles pour l’équipe de France, mais pas pour un seul athlète, je pense que plusieurs biathlètes seront médaillés.
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