Aux sports d’hiver comme en voiture, l’abus d’alcool et l’usage de stupéfiants sont un danger. Pour lutter contre cette situation, la députée Christelle d’Intorni (UDR) veut sanctionner les skieurs sous l’empire de substances psychoactives.
Le ski, un sport à hauts risques. Pour faire face à un vide juridique qui met la vie des usagers en péril, la députée UDR, Christelle d’Intorni défend une proposition de loi pour renforcer la sécurité des domaines skiables en sanctionnant les skieurs sous l’effet de drogues et/ou d’alcool.
C’est une proposition de loi qui prend tout son sens, alors que les vacances dites de février ont débuté ce vendredi soir pour les habitants de la zone A (Poitiers, Bordeaux, Limoges, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Dijon et Besançon). Ainsi, durant les quatre prochaines semaines, les stations de ski françaises vont afficher complet et voir leur domaine pris d’assaut par les skieurs.
En France, la pratique des sports d’hiver attire chaque année environ huit millions de personnes. «C’est une activité qui est populaire, familiale et sportive mais c’est aussi une pratique à risques», a rappelé à , la députée des Alpes-Maritimes, qui compte de nombreux domaines skiables dans sa circonscription.
«On le voit bien, chaque année, il y a de nombreux accidents. On en recense environ 150.000 chaque saison [selon l’Association nationale des médecins de Montagne, ndlr] et parmi eux 10 % à 15 % nécessitent une prise en charge médicale en urgence», a-t-elle détaillé.
1 accident sur 4 lié aux substances psychoactives
Christelle d’Intorni met en avant un chiffre encore plus alarmant, la part de skieurs sous l’empire de l’alcool et/ou de la drogue et impliqués dans un accident grave. «Il y 25% des accidents qui sont en lien avec la consommation de substances psychoactives. C’est 1 accident sur 4», a-t-elle alerté.
Les accidents au ski sont terribles, ils ne pardonnent pas
«Avec cette proposition de loi, je veux combler un vide juridique. Certes, la montagne est un terrain de jeu mais il doit y avoir des règles et on ne peut plus se reposer uniquement sur la responsabilité individuelle», a ajouté la députée de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes.
«Quand on prend la voiture, on sait qu’on s’expose à des sanctions si l’on prend la route sous l’empire de l’alcool ou de stupéfiants. Si l’on prend ses skis, son snowboard ou tout autre engin de glisse dans le même état, on ne peut mettre la vie d’autrui en danger en toute impunité», a poursuivi Christelle d’Intorni.
La députée a notamment mis en avant le développement dans les stations de ski de sortes de fêtes d’après-midi qui ont lieu dans des restaurants ou des bars d’altitude et desquelles les usagers peuvent repartir passablement éméchés.
L’exemple le plus parlant, reste celui de l’établissement de la Folie Douce, situé dans le domaine skiable de Val-d’Isère, qui a été l’un des précurseurs du genre. Sur les réseaux sociaux, il n’est pas rare de voir des vidéos de skieurs, observant les gens repartir du restaurant-clubbing avec la plus grande difficulté.
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«Personnellement je suis maman, je vais skier avec mes deux enfants et j’ai tellement peur que quelqu’un qui soit totalement sous l’emprise d’une substance ne voie pas une de mes filles. Les accidents au ski sont terribles, ils ne pardonnent pas», a confié la députée.
Un taux d’alcoolémie aligné à celui de la conduite
Ainsi, la députée défend l’interdiction de la consommation de stupéfiants et de protoxyde d’azote sur les domaines skiables mais également la mise en place d’un taux d’alcoolémie limite placé à 0,5 g/L de sang, comme c’est déjà le cas pour la conduite.
Le choix de ce taux n’a pas été fait au hasard. «Cette harmonisation permet plus de lisibilité pour les usagers. C’est la même règle pour tous, que l’on prenne la voiture ou les skis», a expliqué Christelle d’Intorni.
Les sanctions qui accompagnent ces mesures sont très fortes et ont pour but de dissuader toute récidive de la part des contrevenants. Ainsi, toute personne en infraction sera passible d’une amende forfaitaire de 135 euros, qui sera portée à 4.500 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement en cas de récidive.
Le port du casque réduit de 60% le risque de traumatisme crânien
Par ailleurs, la proposition de loi prévoit «l’annulation automatique du titre d’accès aux remontées mécaniques et aux pistes de ski sans possibilité de remboursement» et, le cas échéant, la confiscation du matériel.
Pour ce faire, la députée souhaite que des contrôles aient lieu de façon inopinée au niveau des remontées mécaniques. Les forces de l’ordre pourront les réaliser à l’aide d’éthylotests et de tests salivaires sur l’ensemble des domaines qu’ils soient publics ou privés. «En cas de refus de se soumettre aux tests, les sanctions seront également applicables», a précisé Christelle d’Intorni.
De plus, en cas d’implication dans un accident corporel, le contrevenant encourt une amende 45.000 euros et trois ans d’emprisonnement. Une peine qui est portée à 75.000 euros et cinq ans d’emprisonnement en cas d’accident mortel.
Rendre obligatoire le port du casque
Dans sa proposition, qui vise à sécuriser les domaines skiables, Christelle d’Intorni porte un autre combat : celui du port du casque, qu’elle souhaite voir rendu obligatoire à tous les pratiquants, quel que soit leur âge.
« Actuellement le casque n’est obligatoire que pour les enfants qui sont en cours mais l’obligation globale est déjà mise en place dans d’autres pays comme la Suisse, l’Italie ou l’Autriche», a rappelé la députée.
Si elle sait que cette obligation ne plaira pas à tous, Christelle d’Intorni a mis en avant les bénéfices du port du casque dans une pratique sécuritaire des sports d’hiver. «Le port du casque réduit de 60% le risque de traumatisme crânien et pourrait éviter plus de 70% des décès», a-t-elle détaillé.
En cas d’adoption du texte, il reviendra aux stations de mettre en place une campagne de prévention et de sensibilisation comme c’est le cas actuellement avec la campagne «Augmentez votre espérance de ski» qui met en avant la nouvelle interdiction de fumer sur les pistes et les remontées mécaniques.
Pour le moment, cette proposition de loi est cosignée par des élus de l’UDR et du Rassemblement national. Pour pouvoir être considérée comme transpartisane, des signatures émanant de trois groupes parlementaires sont nécessaires.
«Si ma proposition de loi n’est pas étudiée dans l’immédiat, au moins le fait d’en parler, de pouvoir débattre du sujet sera une première avancée pour concrétiser les choses», a relativisé Christelle d’Intorni.
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