Le Kremlin s’est dit prêt, ce mardi, à vivre dans un monde «sans limitation sur le nombre d’armes nucléaires», admettant toutefois qu’il sera «plus dangereux qu’auparavant», après l’expiration à venir du traité«New Start» entre la Russie et les Etats-Unis.
Vers un monde plus hostile ? Alors que le traité de désarmementnucléaire «New Start», signé en 2010 entre la Russie et les États-Unis, s’apprête à prendre fin ce jeudi 5 février, le Kremlin a estimé, ce mardi, que le monde sera «dans une situation plus dangereuse qu’auparavant» tout en se disant prêt à vivre «sans limitation sur le nombre d’armes nucléaires». Évoquée par le passé, une prolongation du traité n’est pas en vue à ce stade.
«Dans quelques jours, le monde se retrouvera dans une situation plus dangereuse qu’auparavant. Pour la première fois, la Russie et les Etats-Unis, qui possèdent les plus grands arsenaux nucléaires, se retrouveront sans document fondamental qui limiterait et contrôlerait ces arsenaux», a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. «C’est très mauvais pour la sécurité mondiale», a-t-il ajouté.
donald trump suit «son propre calendrier»
Le traité «New Start», dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou, doit expirer ce jeudi. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification. La Russie avait annoncé en février 2023 suspendre sa participation au traité sans pour autant s’en retirer formellement, indiquant qu’elle continuerait à respecter les limites prévues.
Moscou avait précédemment accusé Washington d’obstruction aux inspections prévues dans le cadre de New Start, suspendues dans le contexte de la guerre en Ukraine. En septembre 2025, le président russe Vladimir Poutine avait proposé à Washington de prolonger d’un an les termes du traité, une proposition qualifiée de «bonne idée» par son homologue américain Donald Trump, mais à laquelle les Etats-Unis n’ont finalement pas donné de réponse.
«L’initiative de la partie russe est toujours sur la table. Nous n’avons toujours pas reçu de réponse des Américains», a indiqué Dmitri Peskov ce mardi. Un responsable de la Maison Blanche a récemment précisé que «le président Trump décidera de la voie à suivre selon son propre calendrier». Les Etats-Unis se sont par ailleurs retirés en 2019 d’un traité de désarmement majeur conclu en 1987 avec la Russie, sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF).
90% des armes nucléaires mondiales
Selon les estimations delaFederation of American Scientists (FAS) pour l’année 2025, la Russie détiendrait, malgré les restrictions du traité, 5.449 ogives nucléaires, soit plus que n’importe quel autre pays dans le monde. Dans le détail, la Russie possèderait notamment 1.710 ogives qui sont actuellement déployées et prêtes à l’emploi, 2.589 en réserve et 1.150 qui sont hors-service.
La Russie serait suivie de près par lesEtats-Unisavec 5.277 armes nucléaires disponibles. A eux seuls, ces deux Etats ont entre leurs mains près de 90% des armes nucléaires mondiales. Arrive ensuite, loin derrière, la Chine, troisième puissance nucléaire mondiale avec ses 600 ogives. Puis viennent la France (290), le Royaume-Uni (225), l’Inde (180), le Pakistan (170), Israël (90) et laCorée du Nord (50).
![Les sous-marins de classe Khabarovsk sont basés sur ceux de la classe Boreï, ici le Knyaz Pozharsky. [Alexander KAZAKOV / POOL / AFP] Vers la fin des limitations sur les armes nucléaires ? La Russie se dit prête à vivre dans «un...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/000_67re8w4-taille1200_696ff023e19f3.jpg?itok=Xs9E62t6)