L’Iran a déclaré comme «groupes terroristes» les armées européennes, a fait savoir ce dimanche le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Une décision qui fait suite à celle de l’Union européenne de désigner les Gardiens de la Révolution comme «organisation terroriste».
La réponse de Téhéran ne s’est pas faite attendre. Ce dimanche, l’Iran a décidé d’appliquer la réciprocité, en déclarant comme «groupes terroristes» les armées européennes. Une représaille qui fait suite à une décision de l’Union européenne de classer les Gardiens de la Révolution sur sa liste des «organisations terroristes».
«Conformément à l’article 7 de la loi sur les contre-mesures portant sur la désignation du Corps des Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste, les armées des pays européens sont considérées comme groupes terroristes», a déclaré au Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, vêtu, comme les députés d’un uniforme des Gardiens en signe de solidarité.
Les «Pasdaran», «gardiens» en persan, créés en 1979 par le guide suprême peu après la Révolution islamique, sont considérés comme l’armée idéologique du pouvoir. Extrêmement organisée, cette force contrôle des pans entiers de l’économie iranienne.
En prenant cette décision jeudi, l’Union européenne s’aligne sur la position des Etats-Unis, du Canada et de l’Australie, qui l’avaient déjà classé comme organisation terroriste respectivement en 2019, 2024 et 2025.
Eviter la guerre
Alors que le président américain Donald Trump entretient depuis plusieurs jours le doute sur une opération militaire contre Téhéran, Massoud Pezeshkian, le président iranien a assuré que «pour la République islamique d’Iran, le règlement des différends par la diplomatie a toujours été prioritaire».
Donald Trump a déclaré ce samedi que l’Iran conversait avec les Etats-Unis, sans toutefois donner de précisions. L’Iran «nous parle, et nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose», a affirmé le président américain à la chaîne Fox News.
Depuis la vague de contestation réprimée début janvier dans le sang par le pouvoir iranien, Donald Trump a multiplié les avertissements tout en soufflant le chaud et le froid, et a déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.
Ces menaces entretiennent un climat de fébrilité en Iran. Une explosion survenue samedi dans un immeuble résidentiel de Bandar Abbas, un port du sud de l’Iran sur le Golfe, est restée inexpliquée plusieurs heures avant que les pompiers n’annoncent qu’il s’agissait d’une fuite de gaz.
Un régime affaibli
Tout en se disant ouvert au dialogue, l’Iran, «doigt sur la gâchette», a déjà averti que de «nombreuses» bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens. Il a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Sorti affaibli de la guerre de juin 2025, le pouvoir iranien a étouffé les récentes manifestations, initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en défi au pouvoir. Dans un bilan actualisé, l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis, dit avoir confirmé 6.713 morts dont 137 enfants.
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