Crans Montana : où en est l'enquête, un mois après le drame ?

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By InfoHunter


Un mois après l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres, l’enquête peine encore à faire la lumière sur la tragédie survenue dans la nuit du Nouvel An.

La tragédie de Crans-Montana, survenue lors de la nuit du Nouvel An, continue de marquer la station. Des dizaines de blessés graves restent hospitalisés, tandis que d’autres brûlés entament une reconstruction difficile. Les autorités suisses poursuivent les auditions et les investigations, alors que les familles réclament toujours des réponses claires et une indemnisation rapide.

Sur les 116 blessés, 70 restent hospitalisés à travers l’Europe : 26 en Suisse (Zurich, Lausanne, Valais, Genève) et 44 en France, en Allemagne, en Belgique et en Italie. Parmi eux, des jeunes adultes et adolescents suivent des soins intensifs, comme Matthieu Aubrun, serveur au Constellation, et le footballeur Tahirys Dos Santos.

Les premières constatations pointent des bougies pyrotechniques placées sur des bouteilles de champagne qui auraient enflammé le plafond du sous-sol du bar. Des inspections médico-légales ont confirmé la présence de résidus de fontaines pyrotechniques sur place.

Les enquêteurs ont relevé plusieurs dysfonctionnements graves en matière de sécurité : issues de secours bloquées ou verrouillées, mousse acoustique au plafond susceptible de propager le feu, escalier rétréci lors de travaux en 2015, extincteurs et dispositifs d’alarme présents mais questionnés, vidéosurveillance partielle, certaines images ayant été détruites ou non conservées.

Les propriétaires au cœur de l’enquête

Les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, sont poursuivis pour homicide, blessures et incendie par négligence. Jacques, libéré sous caution le 23 janvier, et son épouse sont soumis à des mesures strictes et seront de nouveau entendus en février. Lors des auditions, des divergences ont été relevées sur la sécurité, les issues de secours et l’usage des fontaines pyrotechniques, le couple renvoyant souvent la responsabilité sur le personnel ou les clients.

L’enquête s’est également étendue à deux responsables municipaux de la sécurité de Crans-Montana, ancien et actuel, pour absence d’inspections incendie depuis 2019, malgré l’obligation annuelle. Le maire a reconnu ces manquements, suscitant de vives critiques des familles et des médias italiens.

Des «lacunes» suisses en matière de sécurité

Le canton du Valais a accordé à l’Italie l’entraide judiciaire dans l’enquête sur l’incendie de Crans-Montana, permettant aux enquêteurs italiens d’accéder aux preuves, a indiqué l’Office fédéral de la justice vendredi 30 janvier. L’Italie est à ce jour le seul pays étranger bénéficiant de cette mesure. Rome a rappelé son ambassadeur, dénonçant la libération sous caution de Jacques Moretti et les «lacunes» suisses en matière de sécurité.

Les enquêtes sont également entachées par des erreurs de procédure, comme l’effacement de 250 enregistrements de vidéosurveillance municipale concernant le 31 décembre et le 1er janvier après 6 heures, la saisie tardive des téléphones des Moretti ou l’absence de perquisitions dans les locaux du conseil communal.

Ces retards et dysfonctionnements alimentent les critiques et suspicions, certains y voyant un manque de réactivité, d’autres une volonté de protéger l’establishment et l’économie locale des stations.

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À ce jour, aucune avance de provision n’a été versée aux familles. La Fenvac, Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs, réclame une stratégie coordonnée et équitable pour éviter les inégalités selon la nationalité des victimes, certains proches étant hospitalisés à des centaines de kilomètres de leur domicile.

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