Journée nationale contre le sexisme : régulation du numérique, éducation sexuelle… Comment…

Photo of author

By InfoHunter


À l’occasion de la Journée de lutte contre le sexisme, ce 25 janvier, la France se mobilise face à la montée des idées masculinistes sur les réseaux sociaux, qui remettent en cause l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ces dernières années, les idées masculinistes ont explosé sur les réseaux sociaux, portées par des influenceurs suivis par des milliers de jeunes. À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le sexisme, fait le point sur ce phénomène d’ampleur. Qualifié d’idéologie haineuse à l’égard des femmes par le Haut Conseil à l’Égalité (HCE), le masculinisme est apparu dans les années 1980 en réaction au féminisme. Il défend la suprématie masculine et accuse les femmes d’être responsables de problèmes sociaux ou personnels des hommes.

Sidaction et les infirmières de l’Education nationale ont alerté jeudi le Sénat, appelant à une régulation renforcée des plates-formes numériques et à un financement accru de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

une vision toxique des relations et de la sexualité

Le masculinisme «promeut une vision toxique des relations et de la sexualité», a dénoncé Hélène Roger, directrice du pôle analyse et plaidoyer de Sidaction. Selon elle, ces contenus favorisent la circulation de théories douteuses, comme la prétendue dangerosité des préservatifs, constituant ainsi un véritable risque pour la santé publique.

Face à ce «déferlement constant et exponentiel de contenus masculinistes», Sidaction plaide pour un soutien renforcé aux campagnes d’information et de prévention, mais aussi pour un encadrement plus strict des réseaux sociaux afin de promouvoir des contenus fiables sur le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST), l’égalité de genre, le consentement et les discriminations.

L’association insiste également sur l’urgence de donner les moyens nécessaires à une application effective de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), notamment par la création d’une ligne budgétaire dédiée au sein du budget de l’État.

domination, gestes déplacés ou remise en cause du consentement …

Même constat du côté des infirmières scolaires. Lors de la même audition, Mathilde Varrette, secrétaire générale adjointe du Snics-FSU, a alerté sur le fait que «les discours masculinistes ciblent souvent des garçons et des jeunes hommes en situation de fragilité».

Elle observe que certains élèves, parfois très jeunes, tiennent déjà des propos justifiant la domination, banalisant les gestes déplacés ou remettant en cause la notion de consentement. Sans moyens supplémentaires, prévient-elle, «l’éducation à la sexualité risque de rester inégalement appliquée, dépendante de l’engagement individuel des personnels et insuffisante face à la puissance des discours masculinistes diffusés en ligne».

Dans un rapport récent, le Haut Conseil à l’égalité (HCE) préconise une stratégie nationale contre le masculinisme, incluant le renforcement de Pharos et de l’Arcom.

23% des Français adhèrent à un sexisme «paternaliste»

En France, un quart des hommes estiment normal qu’une femme accepte un rapport sexuel pour faire plaisir ou par devoir et le même nombre a déjà douté du consentement de leur partenaire, selon une enquête Toluna Harris Interactive. Cette enquête a été conduite en ligne auprès de 3.061 personnes représentatives de la population française, en vue de ce rapport du HCE.

Le rapport estime que 23% de la population adhère à un sexisme «paternaliste» qui valorise les rôles traditionnels de chaque sexe. Plus «subtile», cette forme de sexisme bénéficie d’une «forte acceptabilité sociale» car elle se présente de manière «bienveillante».

Journée nationale contre le sexisme : régulation du numérique, éducation sexuelle… Comment...
Sur le même sujet
«Szon Patrol» sur TikTok : quel est ce mouvement masculiniste qui juge la tenue des femmes dans la rue ?
Lire

Néanmoins, elle participe à la «perpétuation des inégalités et violences, en enfermant les femmes dans des représentations stéréotypées de fragilité ou de dépendance», décrypte le HCE. Par exemple, 78% des Français estiment que c’est aux hommes d’assumer la responsabilité financière de la famille.

«Le risque c’est que ces personnes rejoignent et deviennent membres de réseaux masculinistes», pointe Bérangère Couillard, ancienne ministre française déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, présidente du HCE.

En «retard préoccupant» par rapport à d’autres pays, la France doit mettre en place une stratégie nationale de prévention et de lutte contre le masculinisme, a conclu le Haut Conseil à l’Egalité (HCE) dans un rapport publié mercredi.

Laisser un commentaire