Le Tyrannosaurus rex n’aurait atteint sa taille gigantesque qu’à l’âge de 40 ans, bien plus tard que ce que l’on croyait, selon une étude. Une découverte qui bouscule l’image du roi des dinosaures et relance le débat sur l’existence de plusieurs espèces de T. rex.
Et si le plus célèbre des dinosaures avait mis toute une vie à devenir un géant ? C’est ce que suggère la plus vaste étude jamais menée sur des fossiles de Tyrannosaurus rex, dont les résultats ont été publiés le 14 janvier dans la revue PeerJ. L’analyse scientifique révèle en effet que ce prédateur mythique continuait de grandir jusqu’à l’âge de 40 ans. Une longévité et une croissance bien plus lentes que ce que la science imaginait jusqu’ici.
Afin de reconstituer la croissance du «roi des dinosaures», les chercheurs ont étudié les os des pattes de 17 spécimens, de tailles et d’âges variés. À l’image des cernes d’un arbre, les os fossilisés conservent des anneaux concentriques, formés au fil des saisons, que les scientifiques peuvent compter pour estimer l’âge de l’animal au moment de sa mort.
Grâce à une technique d’observation en polarisation croisée, des cernes jusque-là invisibles ont pu être mis au jour. Un algorithme développé spécialement pour l’étude a ensuite permis de comparer l’ensemble des données et d’établir une courbe de croissance précise.
Conclusion : contrairement aux hypothèses dominantes, le T. rex n’atteignait sa taille colossale (jusqu’à 12 mètres de long) qu’aux alentours de 40 ans, et non entre 20 et 25 ans.
Plusieurs espèces de T. rex ?
Cette croissance tardive soulève une autre question brûlante : les fossiles de T. rex plus petits, longtemps considérés comme des jeunes spécimens, pourraient-ils appartenir à une espèce distincte ? Une hypothèse similaire à celle défendue par une étude publiée en octobre 2025 dans Nature, qui évoquait, elle, l’existence d’un dinosaure proche, le Nanotyrannus.
Les résultats de la dernière étude vont dans ce sens : si les véritables T. rex mettaient des décennies à atteindre leur taille adulte, certains fossiles plus graciles pourraient bien ne pas être de jeunes individus… mais d’autres tyrannosauridés.
Dernier enseignement majeur : le T. Rex n’a pas passé l’essentiel de sa vie au sommet de la chaîne alimentaire. Comme l’explique Holly Woodward Ballard, de l’université d’État de l’Oklahoma et première autrice de l’étude, seuls deux spécimens de l’échantillon analysé avaient atteint une taille pleinement adulte.
En d’autres termes, la majorité des T. rex étaient, pendant des années, des prédateurs de taille petite ou moyenne. Ils occupaient alors différentes niches écologiques au cours de leur existence, entrant en concurrence avec d’autres carnivores avant de devenir – pour une minorité seulement – des superprédateurs.
«Il a fallu du temps au prince pour devenir roi», a de son côté résumé Steve Brusatte, paléontologue à l’université d’Édimbourg, pour ainsi résumer la découverte dans Scientific American. Loin de l’image d’un colosse dominant son monde dès le plus jeune âge, le Tyrannosaurus rex apparaît désormais comme un prédateur longtemps ordinaire, condamné à patienter avant de régner. Une trajectoire lente, incertaine, presque fragile, qui rappelle que même les rois – fossiles ou vivants – ne le deviennent jamais d’un coup.
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![Ces empreintes ont été laissées il y a plus de 200millions d’années. [Zuma / Icon Sport] Ces empreintes ont été laissées il y a plus de 200millions d’années.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/jo_2026_milan-cortina_empreintes_dinosaures_6942ae7d5a3df.jpg?h=e7b6e747&itok=tmyIcxlP)