Le mode d’adoption du projet de loi de finances, actuellement à l’Assemblée nationale, sera statué entre ce vendredi et mardi prochain, a appris de source proche du Premier ministre. Sébastien Lecornu a prévenu qu’il n’y aura «pas de budget définitif» avant la première quinzaine de février.
La route sinueuse du budget se poursuit. Alors que le projet de loi de finances a fait son retour dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu, toujours désireux de trouver un compromis entre les parlementaires, chercherait encore la méthode la plus consensuelle.
Selon une source proche du Premier ministre à , le mode d’emploi du budget sera arbitré entre ce vendredi et mardi prochain. Celui-ci portera sur l’utilisation de l’article 49.3, ou bien l’ordonnance. Selon cette même source, Sébastien Lecornu serait prêt à prendre plus de temps que prévu pour trouver des compromis, acceptant de décaler l’adoption d’un budget définitif au moins jusqu’à «la première quinzaine de février».
Un 49.3 de compromis avec les socialistes
S’il avait renoncé à l’utilisation de l’article 49.3 lors de sa prise de fonction en octobre, Sébastien Lecornu pourrait bien revenir sur cette décision, au risque de subir une motion de censure, déjà promise par La France insoumise.
Le Premier ministre s’en remettrait alors au Parti socialiste pour éviter d’être renversé. Ce dimanche, Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a déclaré qu’il privilégierait le contenu du texte budgétaire proposé par Sébastien Lecornu, qu’il passe par 49.3 ou bien par ordonnances. «Le gouvernement dira ce qu’il met dans le cadre du 49.3 ou des ordonnances et à ce moment-là, on regardera et on dira oui ou non», a-t-il indiqué.
Ce lundi, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a reçu les partis politiques à Bercy pour trouver des «convergences» sur le budget. Des entretiens auxquels plusieurs formations qui «ne souhaitent pas sortir de l’impasse budgétaire par le travail» n’ont pas été conviées. De ce fait, au-delà du Rassemblement national et de La France insoumise, écartés depuis plusieurs mois, les Ecologistes et le Parti communiste n’ont pas été invités à Bercy, à la suite d’un refus à une réunion organisée quelques jours plus tôt, également sur le thème du budget.
Le 8 janvier dernier, Amélie de Montchalin promettait, au micro de RTL, «l’adoption d’un budget avant la fin du mois de janvier». La ministre des Comptes publics indiquait qu’elle «n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français», y compris l’usage de l’article 49.3 pour faire adopter le texte sans vote.
Le recours à l’article 49.3 pour le #Budget2026 : « Je n’exclus rien »@AdeMontchalin, ministre des Comptes publics, invitée de @ThomasSotto dans #RTLMatinpic.twitter.com/FEcfGgLR5G
— RTL France (@RTLFrance) January 8, 2026
Pour rappel, le recours à l’ordonnance pour la mise en œuvre du budget permet de garantir la continuité de l’Etat. Cependant, cette option est impossible si le Parlement rejette le projet de loi de finances. Cette disposition n’a d’ailleurs jamais été appliquée par aucun gouvernement.
![L'examen du budget ont repris ce mardi à l'Assemblée nationale. [REUTERS/Stephanie Lecocq] Budget 2026 : 49.3 ou ordonnance, le mode d’emploi de l’adoption du projet de loi de finances...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/2026-01-13t144216z_433279297_rc2e0jan2q58_rtrmadp_3_france-politics-taille1200_696697b338aa0.jpg?h=df3c6bf4&itok=62e31aFM)