Sept mois après la sortie de «28 ans plus tard» de Danny Boyle, c’est Nia DaCosta (The Marvels) qui s’est chargée de mettre en scène le quatrième volet de la saga en salles ce mercredi. Intitulé «Le Temple des Morts», le film est porté par un Ralph Fiennes d’une incroyable justesse.
Au-delà de l’infection. Les retours de Danny Boyle et Alex Garland aux commandes de «28 ans plus tard», la suite de la saga initiée vingt-deux ans plus tôt, le 18 juin dernier, n’avaient pas manqué de réjouir les fans ravis de retrouver cet univers zombiesque ultra-violent autour d’un nouveau casting porté par Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Alphie Williams et Ralph Fiennes.
Les avis étaient toutefois partagés sur ce récit, n’ajoutant que peu d’éléments nouveaux à l’histoire globale. Si ce n’est la présence d’Alphas, des super-infectés d’une force redoutable en plus des hordes de zombies, et celle du docteur Ian Kelson, un médecin vivant reclus dans une clairière où il a érigé un monument aux morts à partir de leurs ossements. Deux éléments à peine effleurés dans le premier film, tout comme la révélation à sa conclusion de l’existence des Jimmies, un groupe de survivants dirigés par «Sir Jimmy Crystal» qui n’était qu’un enfant de 8 ans au moment où le virus a explosé au Royaume-Uni.
Sous la direction de Nia DaCosta, «28 ans plus tard: le temple des morts», au cinéma ce mercredi 14 janvier, développe une mythologie qui, soyons honnêtes, aurait été la bienvenue dans le volet précédent (du moins en partie), et dont l’absence avait largement participé à la frustration générale. Le film poursuit deux histoires parallèles, celle du jeune Spike vivant un cauchemar éveillé auprès des Jimmies, groupe fonctionnant tel une secte sanguinaire et sataniste réunie autour de leur leader auto-baptisé Sir Jimmy Crystal, un dangereux psychopathe persuadé d’être l’enfant de Satan qui n’aime rien de plus que semer la terreur partout où sa bande débarque.
De l’autre, on découvre la relation inouïe entre le docteur Ian Kelson avec Samson, l’Alpha qui a développé un goût prononcé pour les sédatifs administrés par le médecin pour le mettre hors d’état de nuire dans le film précédent. Le docteur Kelson se montre curieux de l’intérêt développé par ce super-infecté pour les drogues en sa possession, au point de risquer sa propre vie pour tenter de mieux comprendre les symptômes des personnes touchées par le virus.
Une cruauté sans limites
Sans dévoiler le reste de l’intrigue, ce quatrième volet de la saga offre une ambiance à la fois plus sereine et plus brutale, tout en distillant des éléments de réponses à des questions que les fans se posaient depuis longtemps. Le rythme saccadé du premier film laisse place à des moments plus contemplatifs, sans rien perdre de la sauvagerie de cet univers qui est loin d’être uniquement du fait des infectés, mais aussi des êtres humains qui ont survécu.
«Le temple des morts» parvient à injecter habilement des sujets essentiels en ces temps contrariés, comme le nationalisme ou l’extrémisme religieux, dans la veine de son histoire. Et la performance magistrale de Ralph Fiennes est une des raisons majeures de la réussite de ce film, tout comme la partition de Jack O’Connell dans la peau d’un sadique égocentrique d’une cruauté sans limites.
Enfin, l’ancien combattant de l’UFC, le Britannique Chi Lewis-Parry, est sans aucun doute la révélation de ce quatrième volet dans sa façon de révéler l’humanité de l’Alpha. «On comprend qu’il s’agit d’une créature intelligente, et non d’un simple infecté enragé et dépourvu de raison. On a donc essayé de donner un sens à cette violence», explique le comédien de 28 ans pour qui Samson incarne «l’espoir».
Deuxième partie d’une trilogie annoncée, «28 ans plus tard : le temple des morts» laisse encore une fois plusieurs questions en suspens, et ignore certains éléments du premier film de manière que l’on suppose volontaire étant donné la conclusion du film, et les visages qui apparaissent à l’écran. Alex Garland et Danny Boyle ont plus que jamais l’opportunité de transformer l’essai avec le dernier volet, si tant est qu’ils soient en mesure de relier les différentes intrigues, sans tomber dans la facilité ou la caricature. On n’a jamais été aussi confiants qu’après «Le temple des morts».
![Aaron Taylor-Johnson et Alfie Williams incarnent un père et son fils à l'écran. [© 2024 CTMG, Inc. All Rights Reserved.] «28 ans plus tard : le temple des morts» : on a vu le quatrième volet de la saga, et voici ce...](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_372_209/public/capture_d_e_cran_2025-06-16_a_19.02.01_68504e1dbffef.png?h=b2a3311d&itok=9PBzAmFU)