Criminalité organisée : sept hommes jugés ce lundi à Paris pour la séquestration d'un financier…

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By InfoHunter


À compter de ce lundi 5 janvier, sept hommes comparaîtront devant la cour d’assises de Paris pour la séquestration et l’extorsion en 2018 d’un financier soupçonné d’avoir entretenu des liens avec le milieu criminel.

Une sombre affaire. Environ sept ans après avoir prétendument séquestré et extorqué un financier qui serait lié au milieu criminel, sept individus, dont plusieurs narcotrafiquants, sont jugés par la cour d’assises de Paris à compter de ce lundi 5 janvier et jusqu’au vendredi 23 janvier.

La victime, aujourd’hui âgée de 52 ans, avait été kidnappée dans la matinée du 17 décembre 2018, à Beaumont-sur-Auge (Calvados), par plusieurs agresseurs masqués portant des brassards de police, qui avaient contraint sa voiture à s’arrêter.

Frappé, bâillonné, menotté, et les pieds attachés avec du scotch, le financier avait été transporté à l’arrière d’un véhicule utilitaire jusqu’à un parking en Seine-Saint-Denis.

Un des ravisseurs lui avait ensuite réclamé de rembourser une dette d’«un millions d’euros», selon ses déclarations aux enquêteurs, auxquels il avait affirmé ne pas pouvoir identifier ses agresseurs.

Une victime au casier judiciaire lourd

L’homme avait été libéré le soir à Saint-Mandé (Val-de-Marne), le visage tuméfié et muni d’un téléphone crypté sur lequel les malfaiteurs lui envoyaient des instructions afin de procéder aux versements ainsi que des menaces de mort visant lui et sa famille.

«Ces faits de violences sont d’une gravité particulière. Mon client attend que justice soit rendue sans préjudice de son passé. C’est une partie civile comme une autre», a déclaré son avocat William Julié à l’AFP.

Soupçonné par le passé d’opérations de blanchiment, il avait un casier bien fourni. En 2006, un tribunal britannique l’avait notamment condamné à une peine exceptionnelle de quinze ans de prison pour avoir été le cerveau présumé d’une escroquerie géante à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 54 millions de livres (environ 80 millions d’euros à l’époque).

Neuf années supplémentaires avaient été ajoutées pour le non-règlement de sa dette au fisc. Cependant, conformément aux accords internationaux, il avait été renvoyé en France en 2012, avant d’être libéré selon la législation française qui limitait la peine maximale pour les infractions concernées à cinq ans. Ce transfert avait provoqué l’indignation de parlementaires et médias britanniques.

Les connexions de ce financier de haut niveau avec des figures importantes du milieu criminel français ont été évoquées durant l’enquête. Interrogé en tant que témoin, l’un d’eux a indiqué qu’il avait la réputation de devoir «de l’argent à beaucoup de monde et qu’il ne remboursait pas ses dettes», selon une source proche de l’enquête.

Une «dette» contractée en Irlande ?

D’après cette source, la victime avait expliqué aux enquêteurs à l’hôpital que la «dette» en question pourrait être liée à un investissement qui n’a pas abouti dans une société spécialisée dans l’achat et la revente d’électricité sur des plates-formes financières quelques années plus tôt en Irlande.

Un des investisseurs potentiels, un délinquant de Seine-Saint-Denis de 41 ans, est suspecté d’avoir fait partie des ravisseurs, tout comme un Avignonnais de 37 ans. Ces deux hommes avaient été condamnés ensemble dans une affaire de trafic de stupéfiants dans le Sud-Est, selon cette source.

Décrit comme une «figure du narcobanditisme avignonnais», le second était, selon une source proche de l’enquête, «un membre influent et décisionnaire» d’une organisation criminelle qu’il dirigeait depuis la région parisienne, étant interdit de séjour dans le Vaucluse par décision de justice.

Parmi les accusés figurent trois autres membres de ce groupe qui était alors sous surveillance policière car impliqué dans une guerre de gangs meurtrière pour le contrôle du trafic de drogue dans la Cité des papes.

Des preuves accablantes

Âgés de 36 et 41 ans, les deux derniers accusés, originaires d’Île-de-France, sont jugés pour avoir fourni voitures et téléphone crypté

Un autre de ses membres présumés, soupçonné d’avoir appartenu au commando de Beaumont-sur-Auge, aurait également comparu s’il n’avait été abattu le lendemain de l’enlèvement dans un bar avignonnais.

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Les accusés ont nié toute implication dans la séquestration, mais leurs déclarations ont été mises à mal par les écoutes de leurs conversations, le suivi de leurs téléphones, ainsi que par des traces ADN.

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