À la suite de l’appel de plusieurs syndicats agricoles à reprendre les blocages et alors que leurs porte-paroles s’apprêtent à rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu ce lundi, plusieurs axes routiers vont être perturbés en ce jour de rentrée.
À quoi faut-il s’attendre ? En pause pendant la période des fêtes, plusieurs agriculteurs ont répondu par l’affirmative à l’appel de leurs syndicats afin de reprendre les blocages ce lundi 5 janvier. Plusieurs axes routiers sont concernés.
Si le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce lundi plusieurs syndicats du milieu agricole, le calme sur les routes n’est pourtant pas assuré. Et pour cause, les blocages vont reprendre et ce, pour une durée indéterminée.
Près de 70 tracteurs avec remorques sont attendus en région lyonnaise. En provenance du Rhône, de l’Ain, de l’Isère, de la Loire et de la Haute-Loire, ces agriculteurs ont prévu d’arriver dès l’aube.
Selon Le Progrès, «le rassemblement débutera à partir de 4h du matin à Mornant, avant un départ prévu pour 5 heures en ‘opération escargot’ vers le site des Sept Chemins, à Brignais, où un point de rendez-vous est fixé à 6h30».
La M7, direction Pierre-Bénite, et l’A7 seront ainsi fortement perturbés, tout comme le péage de Vienne-Reventin, dans le nord-ouest de l’Isère.
Des perturbations sur tout le pays
Plus au nord, en Normandie, les Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à une manifestation «d’ampleur régionale» sur le pont de Normandie, à partir de midi. Selon Ouest-France, «entre 400 et 500» manifestants seront présents.
Mais ce ne sera pas le seul évènement de la région. Des blocages sont également prévus à Caen et au rond-point du port de Cherbourg (Calvados), sur l’A84 à Durcey (Manche), à partir de 12h, et à Fromentel et Mortagne-au-Perche (Orne).
Au Sud-Ouest, là aussi la colère ne faiblit pas. «Le mouvement va se durcir jusqu’à aller à des affrontements si la réponse du gouvernement n’est pas appropriée», a notamment prévenu le porte-parole de la Coordination rurale 33, Jean-Paul Ayres, à France Info.
Malgré les fêtes, les tensions ne se sont pas apaisées et les revendications des agriculteurs sont toujours les mêmes: la gestion de la dermatose bovine par le gouvernement et et le projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
Un appel au calme
Face à cette colère qui reprend, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé dimanche, sur X, «suspendre l’entrée sur notre territoire des denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe».
J’ai pris la décision de suspendre l’entrée sur notre territoire des denrées alimentaires contenant des résidus de plusieurs substances interdites en Europe.
On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des… https://t.co/aXYjyDbPK4— Annie Genevard (@AnnieGenevard) January 4, 2026
«Le gouvernement garantira aux agriculteurs, au centime près, le budget de la politique agricole commune», a-t-elle également annoncé, sur . La ministre a aussi fait part du report de la taxe carbone sur les engrais et confirmé le décret interdisant l’importation de marchandises contenant certains pesticides.
Des annonces confirmées par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans une lettre adressée aux agriculteurs ce dimanche, dans le but de «mettre fin aux deux poids deux mesures».
Lettre ouverte aux agriculteurs de France.@AnnieGenevard@SergePapin_rf@jnbarrot@AdeMontchalin@benjaminhaddad@N_Forissierpic.twitter.com/ft28jSygrD
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 4, 2026
«Le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain : il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole. Quant aux accords commerciaux, ils seront combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés», a assuré le locataire de Matignon.
Une «instabilité politique qui ne résout pas les urgences»
Sur ce dimanche, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a répondu aux annonces d’Annie Genevard : «Nous avons eu quatre gouvernements. J’étais là quand c’était Gabriel Attal et depuis, nous avons eu Monsieur Barnier, Monsieur Bayrou et nous avons maintenant Monsieur Lecornu. Cette instabilité politique n’a pas permis de résoudre les urgences».
«Tout le monde dit « On comprend l’agriculture » mais les mesures, nous les attendons», a-t-il ajouté. Concernant la PAC, Arnaud Rousseau a affirmé qu’il s’agissait d’une «bonne nouvelle» mais qu’il y avait une nécessité «d’aller vite».
Quant au décret interdisant l’importation de certains produits contenant divers pesticides, «C’est le rôle de l’Europe de le faire. Si la France fait cette proposition mais que l’Europe ne l’adopte pas, elle sera caduque».
