Le Premier ministre annonce la mise en place d’un fonds de soutien de 11 millions d’euros « pour faire face aux impacts économiques immédiats ».
/2023/07/06/64a68815cd1a7_placeholder-36b69ec8.png)
Publié
Temps de lecture : 3min
Le mouvement du monde agricole va-t-il se mettre en sourdine pour les vacances de fin d’année ? Les appels à une « trêve de Noël » se multiplient après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur et les syndicats agricoles, reçus vendredi 19 décembre à Matignon, sont partagés sur la suite des blocages pour protester contre la gestion par le gouvernement de la dermatose bovine.
La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habituée des actions coup de poing et fer de lance de la contestation avec la Confédération paysanne dans le Sud-Ouest, a appelé à sa sortie de Matignon à la « bienveillance » pendant les fêtes, sans pour autant demander la levée des barrages, laissant la main à ses sections départementales.
« La population est derrière nous, on ne peut pas se la mettre à dos », a rappelé Bertrand Venteau, président de la CR, qui demande aux agriculteurs mobilisés « d’aller se reposer » au moins quelques jours. IL a noté « une pointe d’espoir de trouver une solution avec le Premier ministre » début janvier pour arrêter « l’abattage total des troupeaux » infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), déclencheur de la colère agricole il y a une dizaine de jours.
La Confédération paysanne, troisième force syndicale, a aussi vu des « ouvertures », selon son porte-parole Stéphane Galais, mais a dit ne « pas pouvoir appeler à lever les blocages » sans engagement sur l’arrêt de l’abattage total. Cette stratégie sanitaire fait débat. Une cellule de dialogue entre éleveurs et scientifiques a été mise en place à la demande du gouvernement. L’exécutif « ne tolérera plus de nouveaux blocages » pendant les fêtes, avait affirmé plus tôt en matinée la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. En milieu d’après-midi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez comptait 93 actions, réunissant un peu moins de 4.000 personnes et 900 engins agricoles. « La priorité, pour nous, c’est vraiment d’éviter les nouveaux blocages d’axes structurants », a-t-il insisté. À sa sortie de Matignon, Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole, la FNSEA, a également appelé à une « trêve », conditionnée à un « courrier » avec « l’ensemble des intentions » du Premier ministre.
Dans ce courrier consulté par l’AFP dans la soirée, Sébastien Lecornu annonce la mise en place d’un fonds de soutien de 11 millions d’euros « pour faire face aux impacts économiques immédiats » pour les petits exploitants en difficulté. Concernant la levée de l’abattage total, le Premier ministre a indiqué qu’il s’en remettrait aux conclusions des échanges au sein du groupe de dialogue scientifique, soulignant le caractère « totalement inédit » de la situation. « N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus », écrit-il.
Un nouveau rendez-vous est prévu autour du 8 janvier pour obtenir des « réponses d’ici au Salon de l’agriculture » sur la « crise viticole », la « production », donc l’accès aux pesticides et à l’eau, mais aussi les engrais dont le coût pourrait gonfler avec la taxe carbone européenne, a détaillé Aranud Rousseau. Les Jeunes Agriculteurs (JA), alliés de la FNSEA, ont rejoint l’appel à la trêve. « À la rentrée on va se revoir (…) parce que le compte n’y est pas », a toutefois averti leur président Pierrick Horel.