ce que l’on sait des enquêtes visant Maëva B., ex-compagne du terroriste

Photo of author

By InfoHunter


Maëva B., ancienne compagne du dernier membre vivant des commandos de Paris et Saint-Denis, a été doublement mise en examen.


Publié



Temps de lecture : 7min

Salah Abdeslam, dernier membre vivant des commandos terroristes du 13-Novembre, sur une photo diffusée par la police nationale le 15 novembre 2015. (POLICE NATIONALE / AFP)

Salah Abdeslam, dernier membre vivant des commandos terroristes du 13-Novembre, sur une photo diffusée par la police nationale le 15 novembre 2015. (POLICE NATIONALE / AFP)

De nouvelles enquêtes impliquant Maëva B., ex-compagne de Salah Abdeslam, à trois jours des commémorations des attentats du 13-Novembre. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé, lundi 10 novembre, l’ouverture de deux informations judiciaires « distinctes ».

L’une, pour « recel d’objet illicite remis à détenu et complicité, association de malfaiteurs délictuelle de droit commun », concerne la remise d’une clé USB au détenu. L’autre, pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes », est liée à des soupçons portant sur la préparation d’un nouvel attentat.  

Dans les deux cas, Maëva B. a été mise en examen, tout comme deux autres personnes dans la seconde affaire, ont appris franceinfo et France Télévisions de source judiciaire lundi. Les trois mis en cause ont été placés en détention provisoire. 

Le Pnat a par ailleurs requis la mise en examen de Salah Abdeslam, dernier membre vivant des commandos de Paris et Saint-Denis de 2015, dans l’enquête sur la clé USB. Condamné à la perpétuité incompressible. Il est actuellement incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Voici ce que l’on sait de cette nouvelle affaire. 

Salah Abdeslam a eu accès à des contenus jihadistes dans sa cellule

Lors d’un contrôle le 15 janvier, plusieurs « traces de connexions de quatre clés USB entre décembre 2024 et janvier 2025 » ont été repérées sur l’ordinateur « légalement détenu » par Salah Abdeslam au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, a rapporté lundi le Pnat dans un communiqué. Il ajoute que les analyses de l’ordinateur ont montré « la présence de nombreux enregistrements sous forme de ‘chemins d’accès’ à des fichiers audio, images ou vidéos, la plupart ayant trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, Etat islamique ou Al-Qaïda ». Le détenu a ainsi eu accès, sur son ordinateur, à des contenus jihadistes dans sa cellule, d’après une source proche de l’enquête citée par France Inter. 

Si Salah Abdeslam a le droit d’avoir accès à cet ordinateur en prison, les ports USB doivent en principe être désactivés. Pour le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, la « multiplication » et le « renforcement » des fouilles en prison ont permis d’aboutir à cette découverte. « Sous mon autorité, l’administration pénitentiaire a signalé les abus de nombreux détenus dont, dès le début du mois de janvier, l’utilisation d’une clé USB par Salah Abdeslam », a-t-il défendu sur X. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a quant à lui assuré, dimanche sur RTL, que le détenu « n’[était] évidemment plus en possession ni de son ordinateur, ni de cette clé ».

L’ex-compagne de Salah Abdeslam a reconnu la « remise illicite » d’une clé USB

Dans son communiqué, le Parquet national antiterroriste explique avoir ouvert une enquête préliminaire dès le 17 janvier, « du chef de recel d’objet illicite remis à détenu, recel de cette remise et provocation à un acte de terrorisme ». Celle-ci a été confiée à la sous-direction antiterroriste de la direction nationale de la police judiciaire, avec la direction générale de la sécurité intérieure, précise le Pnat. 

Les investigations visant à chercher les responsables de cette « remise illicite » de contenus ont entraîné des auditions en Belgique, et ont permis « l’identification de l’ex-compagne de Salah Abdeslam, Maëva B. », précise le communiqué du Pnat. Cette ancienne compagne « bénéficiait à l’époque des faits d’un permis de visite » en prison. La mise en cause, placée en garde à vue à partir du 4 novembre, a « reconn[u] avoir acquis une clé USB, l’avoir chargée de propagande jihadiste et fait remettre à Salah Abdeslam au cours d’un parloir », rapporte le Pnat. Celui-ci fait état d’une « radicalisation certaine » de Maëva B, et d’« une fascination pour le jihad ». Salah Abdeslam a à son tour été placé en garde à vue le 4 novembre, puis à nouveau trois jours plus tard.

Un projet distinct d’attentat est évoqué lors de l’enquête, « sans lien avec Salah Abdeslam »

Dans le cadre de l’enquête, une perquisition au domicile de Maëva B. a permis de montrer « plusieurs discussions ou recherches relatives à l’élaboration d’un projet distinct d’action violente, sans lien avec Salah Abdeslam », développe le Pnat. Celui-ci précise que l’ex-compagne du détenu « n’entretenait plus de relations » avec lui, et ce, depuis avril. L’enquête a ainsi été « étendue à l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes ». Deux individus de l’« entourage » de Maëva B. ont été à leur tour placés en garde à vue vendredi. Il s’agit d’une adolescente de 17 ans résidant dans l’Hérault, et d’un homme de 20 ans, « nouvel époux religieux », vivant dans l’Isère.  

« Salah Abdeslam est une figure symbolique. (…) Mais dans les faits qui lui sont reprochés, il n’est pas mis en cause dans un projet d’attentat », a confirmé lundi sur RTL Céline Berthon, directrice générale de la sécurité intérieure. « C’est un individu qui demeure radicalisé, convaincu de l’idéologie mortifère qu’il a suivie pendant des années et qui l’a conduit à passer aux actes. Nous n’avons pas de raison de penser qu’il soit impliqué sur des réseaux d’une autre nature », a-t-elle ajouté.

« A aucun moment, un projet d’action violente ne lui a été reproché (…) On a une confirmation généralisée à ce propos », a de son côté déclaré Olivia Ronen, avocate du terroriste, mardi sur franceinfo. Dans un communiqué lundi, la défense de Salah Abdeslam avait par ailleurs mis en question la « temporalité » de l’enquête. « Pourquoi un ordinateur saisi en janvier 2025, avec un Parquet national antiterroriste également saisi en janvier 2025, aboutit-il à une garde à vue dix mois plus tard ? », a réitéré Olivia Ronen, mardi sur franceinfo. 





Source link

Laisser un commentaire