Mathis, 19 ans, a été tué par un conducteur ayant consommé du protoxyde d’azote, à Lille (Nord), début novembre.
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Il faut passer « par la pénalisation très importante de la détention de protoxyde d’azote » pour les conducteurs « avec des peines complémentaires sur le permis de conduire », a plaidé Antoine Régley mardi 11 novembre sur France Inter. Il est l’avocat des parents de Mathis, tué à 19 ans début novembre à Lille (Nord) par un conducteur ayant consommé du protoxyde d’azote. Une marche blanche pour lui rendre hommage est organisée à 14h à Saint-Omer (Pas-de-Calais), où habite sa famille.
Selon l’avocat, on « ne peut pas dépister de manière certaine plus de 30 minutes dans le sang » après que le protoxyde d’azote a été inhalé. « C’est un vrai problème, si on veut légiférer demain, on va se retrouver face à un problème de preuve », explique-t-il.
En mars 2025, le Sénat a voté la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote ou « gaz hilarant » – utilisé notamment en cuisine et en médecine – sans viser spécifiquement la conduite ni aller jusqu’à interdire totalement sa vente aux particuliers (pour confectionner de la chantilly ou des sodas), comme l’avaient fait auparavant les députés. L’avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres parlementaires.
Plusieurs villes, dont Lille, ont pris des arrêtés pour interdire l’utilisation, la vente ou la consommation de protoxyde d’azote sur la voie publique. « Le problème de ces arrêtés municipaux, c’est qu’ils ne prévoient, en cas de violation, qu’une peine d’amende pas très importante et rien sur le permis, et ce n’est pas un délit », regrette Me Régley. « Vous détenez du protoxyde d’azote, il y a des peines complémentaires et si vous en détenez dans votre véhicule, proposons alors de confisquer immédiatement le véhicule », défend-il. « Peut-être que cela fera réfléchir les jeunes, puisque ce sont eux en majorité qui conduisent sous protoxyde d’azote », ajoute l’avocat spécialiste en droit routier.
Sur France Inter, Antoine Régley a aussi confirmé la rencontre prochaine entre les parents de Mathis et Gérald Darmanin : « Je crois que le ministre de la Justice a, dans un premier temps, eu peur d’une récupération politique ou d’un conflit d’intérêt. Mais [lundi] soir, j’ai reçu confirmation que c’était dans les tuyaux et que ça devrait se faire assez rapidement. »
Concernant l’homme de 31 ans qui a renversé mortellement Mathis le 1er novembre à Lille, il est actuellement en détention provisoire après avoir été mis en examen pour homicide routier avec trois circonstances aggravantes : violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité et de prudence, délit de fuite et refus d’obtempérer.