mail envoyé dans la nuit, 2h30 de réunion sans téléphone… Le récit d’une journée décisive à l’Élysée

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By InfoHunter



Quelques jours après avoir démissionné, Sébastien Lecornu se retrouve de nouveau au poste de Premier ministre, renommé par Emmanuel Macron à 22h ce vendredi. Une nouvelle qui en a surpris plus d’un, au sein des plus hautes sphères politiques. Retour sur une journée au récit surprenant. 

Un mail mystérieux. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les responsables des partis politiques, à l’exception du Rassemblement national et de La France insoumise, ont reçu un message de l’Élysée.   

Alors qu’aucun objet ne figure sur ce dernier, il convie les forces politiques au palais présidentiel à 14h30, vendredi. «Je n’ai jamais vu ça», a déclaré plus tard, le chef du Parti radical de gauche Guillaume Lacroix.  

Au Sénat, Gérard Larcher déplore que les présidents des groupes parlementaires de la chambre haute soient laissés de côté, quand bien même la Haute assemblée pèse lourd dans l’examen du budget. Ce dernier contacte alors Emmanuel Macron par SMS, mais sera laissé sans réponse jusqu’au début de la réunion décisive.  

16 représentants autour du président

Gabriel Attal, Edouard Philippe, Marc Fesneau, Bruno Retailleau, Olivier Faure, Marine Tondelier, Fabien Roussel… Ils étaient 16 autour d’Emmanuel Macron. 

En fond, la rumeur d’une reconduction de Sébastien Lecornu a commencé à se profiler. Pourtant, elle est loin de faire l’unanimité au sein même du camp présidentiel. Il ne faut «pas donner le sentiment de s’acharner à vouloir garder la main sur tout», estime Gabriel Attal. Lecornu II, «je pense que ça ne passe pas», renchérit un cadre MoDem.  

De son côté, depuis le 131ᵉ congrès national des pompiers au Mans, Marine Le Pen a attaqué la présidence. «Nous, c’est avec les Français que nous avons rendez-vous», lance-t-elle, bien loin de la «réunion de marchands de tapis» prévue à l’Élysée.

Aucun Téléphone autorisé

Enfin, les portes de l’Élysée se sont ouvertes. Socialistes, communistes et écologistes sont arrivés soudés. L’ex-socle commun, lui, en ordre dispersé. Dans le palais présidentiel, rien n’a filtré. Privés de téléphone, les participants ont écouté le chef de l’État. Mais ce dernier n’a dévoilé aucun nom.

Après 2h30 de réunion, «pas d’éclaircie», fulmine Fabien Roussel (PCF). Les oppositions sont sorties de l’Élysée sans grande certitude. «C’était lunaire. Ça tirait de partout. On a assisté en direct aux bisbilles du socle commun», décrit un participant.

Les partis, peu avancés, ont alors convoqué leurs instances décisionnaires, mais la décision présidentielle s’est faite attendre. Les tractations se sont poursuivies en coulisses. 

La nouvelle est finalement tombée à 22 h : Sébastien Lecornu a été reconduit, et dispose d’une «carte blanche». Dans la foulée, le RN et LFI ont déjà annoncé la censure, tout comme le parti communiste. Le Parti socialiste, dont les votes seront décisifs pour la survie du gouvernement de Sébastien Lecornu, a affirmé, ce samedi, qu’il censurerait le Premier ministre en l’absence «d’une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites». 



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