on a vu la comédie musicale adaptée du film culte de Jacques Demy, et voici ce qu’on en a pensé

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By InfoHunter


Près de soixante ans après sa sortie en salles, le film iconique de Jacques Demy, «Les demoiselles de Rochefort», est adapté en comédie musicale au théâtre du Lido, à Paris. Et la magie opère toujours.

«Nous sommes deux sœurs jumelles, nées sous le signe des Gémeaux/Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do». Depuis quelques jours, ce célèbre refrain résonne sur les Champs-Élysées, et plus précisément dans l’enceinte du théâtre du Lido, qui a délaissé les emblématiques revues à plumes pour mettre en lumière les comédies musicales. C’est donc dans cet établissement chic à l’ambiance feutrée et tamisée, chapeauté par Jean-Luc Choplin, ancien directeur du théâtre du Châtelet, que le célèbre film de Jacques Demy, «Les demoiselles de Rochefort», sorti en 1967, reprend vie sur scène. Un show mené tambour battant par une trentaine d’artistes montés sur ressorts et mis en scène par Gilles Rico, qui parvient à retranscrire la même légèreté que sur la pellicule.  

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Pour ceux qui se seraient perdus dans une faille spatio-temporelle et n’auraient jamais entendu parler de ces deux sœurs légendaires incarnées à l’écran par Catherine Deneuve et la regrettée Catherine Dorléac, voici une rapide présentation de l’histoire. Delphine, la blonde, et Solange, la rousse, donnent respectivement des cours de danse et de solfège à Rochefort. Si elles aimeraient faire carrière à Paris, elles rêvent aussi et surtout de rencontrer le grand amour. 

©Julien Benhamou

Une fête s’apprête à animer la place Colbert et les rues de la ville, et avec, le débarquement de forains qui vont s’encanailler dans le bar de leur mère, Yvonne. Un marin, un marchand de musique et un bellâtre américain viendront également bouleverser l’existence de Delphine et Solange le temps de quelques jours. Autant de destins qui se croiseront pour des aventures hautes en couleurs. 

Une partition fidèle à l’œuvre de Michel Legrand 

Et de la couleur, il y en a dans tous les tableaux qui composent ce musical à la scénographie rythmée et tourbillonnante signée Bruno de Lavenère. Tant dans les costumes rétro aux teintes acidulées imaginés par le couturier et décorateur Alexis Mabille, que dans les décors majestueux qui se succèdent en un claquement de doigt grâce à un ingénieux dispositif de plateaux coulissants et le recours à la 3D. 

©Julien Benhamou

Le café tenu par la mère des jumelles où chaque protagoniste s’attable, l’appartement de Delphine et Solange, la boutique du marchand de musique, sans oublier le pont transbordeur plus vrai que nature… Les spectateurs, qui pour beaucoup d’entre eux ont été biberonnés à ce chef-d’œuvre de Jacques Demy, sont immédiatement replongés dans les lieux qui jalonnent le récit d’une grande modernité.  

©Julien Benhamou

Mais ces «Demoiselles de Rochefort» ne seraient rien sans la musique de Michel Legrand, nommé aux Oscars en 1969. Et cette version 2025 reste fidèle à l’œuvre du compositeur disparu en 2019. Son ami et ex-collaborateur Patrice Peyriéras dirige d’une main de maître l’orchestre de 14 musiciens qui évoluent derrière un rideau de LED et accompagnent la troupe de chanteurs, danseurs et comédiens, lesquels déambulent dans les allées du Lido au milieu des spectateurs, quand ils ne rendent pas hommage à Gene Kelly dans de formidables numéros de claquettes.

Pour jouer Delphine et Solange, la production a fait appel à quatre chanteuses lyriques et jazz – Juliette Tacchino, Marine Chagnon, Sophia Stern et Maïlys Arbaoui-Westphal – qui se produisent en alternance. Et la performance vocale est telle qu’elle fait vite oublier les quelques pas de danse un peu hésitants. Coup de cœur pour Paul Amrani dans le rôle d’Andy Miller et Agathe Prunel, parfaite en Josette, la serveuse pétillante et si attachante. Cette adaptation scénique qui met du baume au cœur, est à découvrir jusqu’au 11 janvier 2026. 

Les demoiselles de Rochefort, jusqu’au 11 janvier 2026, au théâtre du Lido, Paris (8e)



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