
Au-delà de dissoudre l’Assemblée nationale, en cas de démission de François Bayrou le 8 septembre prochain, Emmanuel Macron pourrait décider de nommer un nouveau Premier ministre. Le profil de Bernard Cazeneuve, souvent cité, pourrait être relancé, et même appuyé du fait des tensions entre La France insoumise et le Parti socialiste.
Il représente l’éternelle «ouverture vers la gauche sociale-démocrate». Alors que le vote de confiance du gouvernement de François Bayrou n’a pas encore eu lieu, de nombreux scénarios sont évoqués pour savoir quelle sera la suite après le 8 septembre.
Outre la dissolution de l’Assemblée nationale, la nomination d’un nouveau Premier ministre est aussi envisagée. Au-delà des profils issus de la droite ou du socle commun, proche d’Emmanuel Macron, celui de Bernard Cazeneuve fait office d’alternative à gauche.
Déjà consulté par Emmanuel Macron par le passé, l’ancien Premier ministre de François Hollande avait essuyé le refus d’une partie de la gauche. Son ancienne famille politique, le Parti socialiste, ne se bousculant pas pour défendre son profil.
«Monsieur Cazeneuve n’a pas participé au Nouveau Front populaire, il est opposé au programme du NFP. Nous censurerons tout autre gouvernement qui ne serait pas mené par Lucie Castets», avait même indiqué Mathilde Panot cheffe des LFI, le 2 septembre 2024 sur France 2.
Pour rappel, Bernard Cazeneuve s’est toujours démarqué pour son opposition à La France insoumise, allant jusqu’à quitter le PS après la création de la Nupes pour les élections législatives de 2022. Le 15 juin dernier, il avait même appelé Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, à «rompre avec La France insoumise» une bonne fois pour toutes.
Un profil «utile avec des limites»
Face à la situation de blocage, et à la mésentente toujours plus profonde entre La France insoumise et le Parti socialiste, le nom de Bernard Cazeneuve, président du mouvement politique «La Convention», pourrait être davantage soutenu.
«Concrètement, les tensions croissantes entre LFI et la gauche modérée favorisent un profil comme celui de Bernard Cazeneuve, a analysé le politologue Philippe Moreau-Chevrolet dans un entretien accordé à CNEWS. Il est à même de parler à la droite et aux conservateurs également».
Selon nos confrères de L’Opinion, la nomination de Bernard Cazeneuve, «avec des engagements solides», pourrait convaincre certains socialistes. Le «renoncement à l’article 49.3 de la Constitution» figurerait en tête de ces «engagements».
Si la brouille actuellement entre le PS et LFI offrirait actuellement plus de marges de manœuvre à Bernard Cazeneuve, elle pourrait aussi bien se heurter aux échéances à venir. «C’est un profil utile, mais il a des limites, a relevé Philippe Moreau-Chevrolet. La gauche modérée a quand même besoin de LFI pour les prochaines échéances».
Au-delà de ces tensions à gauche, le politologue a jugé qu’une nomination éventuelle de Bernard Cazeneuve dépendrait aussi de «la volonté d’Emmanuel Macron de suivre l’inclinaison de l’équilibre politique, qui va plutôt vers une alliance des modérés de gauche et de droite».