
Il y a trente ans, la France était frappée par une vague meurtrière d’attentats islamistes. Cette série d’attaques, revendiquées par le Groupe islamique armé, avait fait 8 morts et près de 200 blessés. Mais au cours de ces 30 dernières années, le pays a connu d’autres attaques qui ont aussi marqué l’opinion publique.
Une série d’attaques qui en rappelle d’autres. Le 25 juillet 1995, une bombe explosait dans le RER B, station Saint-Michel, en plein centre de Paris, faisant huit morts et 150 blessés. Cette série d’attaques terroristes islamistes avait été l’oeuvre du Groupe islamique armé (GIA), une organisation terroriste basée en Algérie. Depuis cette date, la France a connu plusieurs autres vagues de terreur, dont la plus meurtrière reste le soir du 13 novembre 2015.
17 août 1995
Mois d’un mois après l’attentat du 25 juillet 1995, un autre acte terroriste avait touché la capitale française. Cette fois, c’est la place Charles-de-Gaulle (ou place de l’Etoile), partagée entre les 8e, 16e, et 17e arrondissements, qui avait été ciblée.
Le 17 août 1995, aux alentours de 17h10, une bonbonne de gaz, dissimulée dans une poubelle au coin de l’avenue de Friedland et de la place Charles-de-Gaulle, avait explosé, blessant 17 personnes, dont au moins quatre enfants et 11 touristes étrangers. A l’époque, le parquet antiterroriste avait été saisi.
7 septembre 1995
Le 7 septembre 1995, la France avait été frappée par un autre attentat. Cette fois, les faits s’étaient produits à Villeurbanne (Rhône) à une quinzaine de mètres de l’école juive Nah’alat Moché. Ce jour-là, une voiture piégée explosqit, faisant 14 blessés. Le bilan aurait pu être dramatique puisque 700 enfants devaient sortir de l’établissement quelques minutes avant l’explosion.
Une vague d’interpellations avait suivi dans le milieu des activistes islamistes lyonnais. L’enquête avait pu, par la suite, démontrer que le terroriste Khaled Kelkal était impliqué dans les faits.
Celui-ci était abattu le 29 septembre par les gendarmes de l’EPIGN (Escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie nationale) alors qu’il s’était caché au lieu-dit «Maison Blanche» à Vaugneray, toujours dans le Rhône.
Mars 2012
En mars 2012, une nouvelle série d’attentats touchait la France. Tout avait commencé le 15 mars à Montauban (Haute-Garonne). Ce jour-là, trois militaires avaient été visés par des tirs d’arme à feu. Deux d’entre eux, Abdel Chennouf et Mohamed Legouad, chacun d’origine algérienne, avaient été tués.
Après l’attentat, le tireur avait pris la fuite aux cris d’«Allah akbar». Quelques jours plus tard, soit le 19 mars 2012, une tuerie avait ciblé l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse. L’assaillant, identifié comme étant Mohamed Merah, était arrivé en scooter à bord de l’établissement scolaire, assassinant le rabbin et professeur de l’école Jonathan Sandler, ainsi que ses deux fils Gabriel, 3 ans, et Arié, 6 ans.
Le terroriste était ensuite entré à l’intérieur de l’école où il avait tiré à bout portant dans la tempe de Myriam Monsonégo, 8 ans. Aaron «Bryan» Bijaoui, 15 ans et demi, avait également été blessé par balles.
Le terroriste Mohamed Merah avait finalement été abattu d’une balle dans la tête par le RAID lors d’une opération qui a eu lieu le 22 mars 2012.
Janvier 2015
Mercredi 7 janvier 2015, aux alentours de 11h25, les frères Chérif et Saïd Kouachi avaient fait irruption dans les locaux du journal Charlie Hebdo au 10, rue Nicolas-Appert, à Paris, tuant 12 personnes, dont cinq dessinateurs du journal satirique réunis en conférence de rédaction : Charb, Cabu, Honoré, Tignous et Wolinski.
Deux policiers avaient également été froidement assassinés. Franck Brinsolaro, en charge de la protection de Charb, assistait à la conférence de rédaction. Un gardien de la paix Ahmed Merabet avait, lui, été tué au cours de la fuite des terroristes, sur le boulevard Richard-Lenoir, 10 à 15 minutes plus tard.
Au lendemain de l’attaque, soit le 8 janvier 2015, une fusillade éclatait à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, vers 8h du matin. Une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, était tuée et un agent de la voirie blessé. C’est un proche des frères Kouachi, Amedy Coulibaly, qui avait été identifié comme l’auteur des faits.
Après s’en être pris aux forces de l’ordre la veille, le terroriste Amedy Coulibaly, recherché par la police, s’était introduit dans l’Hyper Cacher situé Porte de Vincennes, dans le 20e arrondissement, vers 13h le 9 janvier. Il avait pris en otage les clients et les employés avant de tuer quatre personnes. Le terroriste, qui s’était réclamé de Daesh, avait été abattu sur place quatre heures plus tard, lors d’un assaut réalisé par les policiers de la brigade d’intervention, de la BRI et du RAID.
Le même jour, les frères Kouachi, recherchés depuis le 7 janvier, s’étaint introduits dans une imprimerie d’une commune de Seine-et-Marne pour s’y retrancher. Après avoir échangé plusieurs coups de feu avec les forces de l’ordre et libéré le gérant de l’entreprise, Chérif et Saïd Kouachi avaient été abattus lors d’un assaut mené à Dammartin-en-Goële.
13 novembre 2015
Le 13 novembre 2015 restera une date particulièrement sombre dans l’histoire du terrorisme en France. Ce soir-là, des milliers de Français s’étaient rendus au Stade de France afin d’assister à un match amical opposant les Bleus à l’Allemagne, et auquel assistait le président de la République de l’époque, François Hollande.
Alors que l’accès à l’enceinte sportive leur avait été refusé, trois kamikazes s’étaient fait exploser aux abords du Stade de France, tuant un civil et marquant le début d’une série d’attaques.
Dans le même temps, dans les rues des 10e et 11e arrondissements de la capitale, trois terroristes avaient mitraillé des terrasses de cafés et de restaurants. Ces attaques avaient visé le restaurant «Le Petit Cambodge», le bistrot «Le Carillon», la brasserie «Café Bonne Bière» ainsi que les restaurants «La Belle Equipe» et «Casa Nostra», faisant plus de 35 morts.
La fusillade la plus meurtrière du 13 novembre 2015 s’était déroulée dans la salle de spectacle du Bataclan, dans le 11e arrondissement de la capitale. Au cours de celle-ci, trois jihadistes de Daesh avaient ouvert le feu sur le public lors d’un concert du groupe américain de rock Eagles of Death Metal.
L’assaut avait duré plusieurs heures et causé la mort de 90 personnes. Les forces de l’ordre étaient ensuite intervenues tuant les trois jihadistes. L’unique survivant des commandos responsables de ces attaques est Salah Abdeslam. Le terroriste avait été extrait de sa cellule de prison en Belgique mercredi 7 février 2024 avant d’être renvoyé, le même jour, en France. À la suite de ces attaques sanguinaires, le gouvernement français avait décrété l’état d’urgence.
Salah Abdeslam avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015 et incarcéré au centre pénitentiaire de Réau.
14 juillet 2016
Moins d’un an après les attentats de Paris, la France avait été endeuillée par un autre drame, survenu le 14 juillet 2016 à Nice. Cette nuit-là, alors que le pays célébrait sa fête nationale, un individu de nationalité tunisienne fonçait sur la foule réunie sur la promenade des Anglais. L’attentat avait fait 86 morts et plus de 400 blessés. L’auteur des faits, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, avait été abattu par la police.
Le jour de l’attentat, le Tunisien de 31 ans a été directement identifié. Selon des sources policières, il était connu des services de police pour des faits de droit commun, notamment des violences avec arme.
Il avait également été condamné à six mois de prison avec sursis au mois de mars pour des «violences volontaires avec une arme» après une altercation.
26 juillet 2016
Le 26 juillet 2016, la terreur frappait le département de Seine-Maritime. Jacques Hamel, prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray a été égorgé dans son église par deux jihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermich, qui s’étaient introduits dans le lieu de culte durant la messe du matin.
Les deux assaillants faisaient partie du groupe terroriste Daesh, qui n’avait pas tardé à revendiquer l’assassinat. Les deux terroristes avaient été abattus. A noter que, durant l’attaque, un fidèle avait également été blessé à la gorge.
Rachid Kassim, un Français accusé d’être l’instigateur des faits et qui est présumé mort en Irak depuis 2017, avait été condamné, en l’absence de preuves certaines de son décès, à la réclusion criminelle à perpétuité lors du procès début 2022.
11 décembre 2018
Le 11 décembre 2018, et alors que les habitants se rendaient au marché de Noël de Strasbourg en pleine période de fêtes de fin d’année, toute la France avait les yeux rivés vers sur la ville en apprenant qu’un terroriste avait décidé de frapper aux cris d’«Allah Akbar».
Sans la moindre pitié, et avec sang-froid, Chérif Chekatt avait ouvert le feu sur des passants après avoir prêté allégeance à Daesh, tuant cinq personnes et en blessant onze autres.
Les cinq victimes mortellement touchées étaient un journaliste italien de 29 ans, un musicien d’origine polonaise de 36 ans, une touriste thaïlandaise de 45 ans, un retraité de 61 ans et un garagiste d’origine afghane de 45 ans.
Après le drame, Chérif Chekatt avait pris la fuite. Sa traque avait duré deux jours avant qu’il ne soit abattu par les forces de l’ordre jeudi 13 décembre.
16 octobre 2020
Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, avait été décapité peu après être sorti de son collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, le 16 octobre 2020, par Abdoullakh Anzarov, un jeune Russe de 18 ans d’origine tchétchène, bénéficiaire du statut de demandeur d’asile en France. Celui-ci avait été tué par la police peu après son acte.
Quelques jours avant son assassinat, le professeur avait montré deux caricatures de Mahomet issues de Charlie Hebdo lors d’un cours d’enseignement moral et civique sur la liberté d’expression.
L’assassinat de Samuel Paty avait provoqué de vives réactions. Une minute de silence avait été observée dans les différents établissements scolaires de l’Hexagone le 2 novembre 2020. Un hommage national avait également été rendu au professeur à la Sorbonne.
13 octobre 2023
Quasiment trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, l’Education nationale était touchée par un autre drame. Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un jeune Tchétchène ayant prêté allégeance à Daesh, s’était rendu dans son ancien lycée à Arras (Pas-de-Calais) et y avait poignardé l’un de ses ex-professeurs.
Il s’agissait de Dominique Bernard, 57 ans, professeur de français. Au cours de son attaque, le terroriste avait également blessé un professeur d’EPS et deux employés de l’établissement scolaire.
L’assaillant avait été interpellé puis mis en examen et placé en détention. Lors de l’enquête, Mohammed Mogouchkov avait répété avoir agi seul, en élaborant un plan «une à trois semaines» avant son passage à l’acte.
Dans un poème fleuve écrit en prison, le terroriste avait indiqué que «c’est Allah, Lui Seul, qui m’a commandité. (…) Le Coran, si chaleureux, c lui qui m’a chauffé, ses pages, ses versets (sic)». Il s’en était également pris à Dominique Bernard qui incarnait, d’après ses dires, «l’amour» de la France, ainsi qu’aux enquêteurs.
«Appelez votre imam, qu’il me déradicalise. Mdr, il aura essayé. Qu’il essaye d’éteindre, en moi, la lumière d’Allah. J’ai la lumière à tous les étages, moi, et je ne parle pas de vos lumières, écrivains, dont l’encre a assombrit (sic) le cœur de ce prof de français, Dominique Bernard, c’est lui que je visais», avait-il écrit.