La pétition contre la loi Duplomb a réuni plus de 485 000 signatures en quelques jours. Au bout de 500 000 signatures, elle peut déboucher sur un débat sans vote à l’Assemblée.
/2023/07/07/64a7df4c5fe71_placeholder-36b69ec8.png)
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 2min
À peine adoptée à l’Assemblée, et déjà une mobilisation pour l’abroger. La loi Duplomb fait l’objet d’une des pétitions les plus plébiscitées de l’histoire : samedi 19 juillet, plus de 485 000 signatures ont été recueillies en quelques jours sur la plateforme de l’Assemblée nationale. Cette loi, adoptée la semaine dernière, réintroduit un pesticide interdit depuis 2018, favorise les élevages intensifs et le stockage de l’eau dans des mégabassines. Elle est largement dénoncée par les associations environnementales et les partis de gauche.
Le succès de la pétition traduit « une colère qui n’a fait que monter depuis quelques mois », assure Nadine Lauverjat, déléguée générale de Générations Futures, association de défense de l’environnement, invitée de franceinfo samedi matin. D’ordinaire la plateforme de pétitions sur le site de l’Assemblée nationale « ne fonctionne pas tellement, peu de pétitions réussissent à vraiment franchir des caps assez importants », rappelle-t-elle.
La seule chose que cette pétition peut provoquer, c’est un débat sans vote. Déjà un beau symbole pour montrer l’impopularité de cette loi, juge Aurélie Trouvé, députée insoumise et présidente de la commission qui examinera la pétition. D’autant que c’est une étudiante de 23 ans, sans lien avec les partis, qui en est à l’origine. Pour Nadine Lauverjat, un débat serait déjà « une étape importante qui [permettrait] de remettre de la démocratie et de la discussion, faire valoir des arguments qui sont forts, amener d’autres élus à déposer une proposition de loi pour [la] contrer ».
Une pétition qui recueille 100 000 signatures obtient le droit d’être affichée sur le site de l’Assemblée et se voit attribuer une commission, en l’occurrence la commission des Affaires économiques. Puis, si elle atteint 500 000 signatures dans au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, elle peut être débattue dans l’hémicycle, sans vote, si la Conférence des présidents l’accepte, ce qui n’est jamais arrivé. Jusqu’ici, la pétition « pour la dissolution de la Brav-M » était la seule à avoir dépassé les 100 000 signatures à l’Assemblée.