
L’Unesco a inscrit deux nouveaux sites africains sur sa liste du patrimoine mondial ce vendredi 11 juillet. Voici lesquels.
Une petite avancée. Deux nouveaux paysages culturels situés au Cameroun et au Malawi ont été ajoutés au patrimoine mondial lors de la 47e session du Comité, qui se tient à Paris jusqu’au 16 juillet. Le nombre de sites reconnus en Afrique subsaharienne s’élève désormais à 110, contre 93 en 2018.
Le site archéologique des Diy-Gid-Biy, dans l’extrême-nord du Cameroun, est célèbre pour ses monuments en pierre sèche répartis sur une zone de 25 km. Ces ensembles comprennent des terrasses agricoles et des espaces cultuels dans les Monts Mandara, qui s’étendent entre le Cameroun et le Nigéria.
Leur construction daterait probablement des XIIe et XVIIe siècles. Ce site, inscrit au patrimoine national camerounais, figure sur la liste indicative du pays depuis 2006, avec une mise à jour effectuée en 2017.
Dans le sud du Malawi, c’est la chaîne de montagnes dominée par le mont Mulanje qui a été distinguée. Considéré comme un lieu sacré peuplé d’esprits, de dieux et d’ancêtres, ce massif abrite une réserve de biosphère emblématique reconnue par l’organisation en 2000, notamment pour la présence du cèdre de Mulanje, arbre national dans le pays.
Le budget consacré à l’Afrique en hausse en 2025
Parmi les 30 candidatures examinées cette année, deux autres proviennent également de pays africains absents jusque-là du classement du patrimoine mondial : la réserve de biosphère de l’archipel des Bijagos (Guinée-Bissau) et les forêts de Gola Tiwai (Sierra Leone), refuge d’espèces menacées comme les éléphants de forêt.
En parallèle, les «Forêts humides de l’Atsinanana» (Madagascar), le site d’Abou Mena (Égypte) et l’ancienne ville de Ghadamès (Libye) ont été retirés du patrimoine mondial de l’UNESCO en péril le mercredi 9 juillet. Cette catégorie regroupe les sites culturels ou naturels gravement menacés, dont la valeur universelle exceptionnelle pourrait être compromise.
«Quand des sites quittent [cette liste], c’est une grande victoire pour tous», a déclaré la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, dans un communiqué, soulignant «l’effort particulier» accordé à l’Afrique ces dernières années. Des efforts qui «paient aujourd’hui», selon elle.
Au cours de ses deux mandats, elle s’est engagée à renforcer la représentation des sites africains inscrits au patrimoine mondial, en augmentant notamment les fonds alloués à l’Afrique pour qu’ils atteignent plus d’un quart du budget total de l’organisation onusienne en 2025, à savoir 27 %.
Un effort insuffisant
En outre, au cours des cinq dernières années, les stratégies ciblées ont permis de retirer six sites africains du patrimoine en péril, dont le Parc national de la Salonga (RDC) en 2021, les Tombeaux des rois Buganda (Ouganda) en 2023, et le Parc national de Niokolo-Koba (Sénégal) l’année dernière.
Malgré ces progrès, le continent représente moins de 9 % des 1.223 biens inscrits, et onze États africains n’ont même encore aucun site reconnu sur la fameuse liste de l’Unesco. «Les raisons de ce retard sont multiples, mais il n’y a pas de mauvaise volonté de l’Afrique», indiquait le directeur du Centre du patrimoine mondial de l’organisation onusienne, Lazare Eloundou Assomo récemment sur l’antenne de RFI.
En effet, il a précisé que «les conflits armés, le réchauffement climatique qui entraîne par exemple des feux de forêt, l’exploitation des ressources, sont autant de défis pour les sites africains».
À ce titre, douze des 53 sites en danger dans le monde se trouvent sur le continent africain. Parmi eux, le parc national des Virunga (République démocratique du Congo), un sanctuaire pour les derniers gorilles de la planète, est gravement menacé par les conflits persistants. De même, Tombouctou (Mali) a été largement endommagée par des groupes jihadistes.