Le propriétaire d’une Aston Martin Valkyrie a vivement taclé le modèle produit par la marque britannique. Il souhaite même annuler son achat, soutenant que certaines caractéristiques du véhicule rendent sa conduite dangereuse.
Une mauvaise surprise. En s’appropriant l’une des 175 Valkyrie du constructeur Aston Martin, un Allemand devait faire partie d’un petit nombre de chanceux. Pourtant, il révèle dans la presse pourquoi il regrette cet achat et tente même de le faire annuler.
Après seulement 441 km parcourus au volant de sa Valkyrie, cet homme âgé d’une soixantaine d’années n’a pas retenu ses mots, devant le tribunal régional d’Aix-la-Chapelle.
Une affaire rarissime qui a poussé le juge en charge de cette audience, vendredi 20 juin 2025, à s’intéresser à un monde qu’il ne connaissait pas du tout : «J’ai d’abord cherché sur Google de quel type de voiture il s’agissait. Je ne l’avais jamais vue auparavant», a ainsi expliqué le juge Tobias Hellenbroich au Westdeutsche Allgemeine Zeitung.
Une véritable Formule 1 des routes, avec ses inconvénients
L’acheteur, qui a dépensé quelque 3 millions d’euros pour s’offrir ce bijou de technologie, ne s’attendait pas à être déçu. Il faut dire que les caractéristiques du véhicule font rêver les amateurs d’automobile : 1.155 chevaux, 2,6 secondes pour aller de 0 à 100 km/h et une vitesse maximale (bridée de 354 km/h). Aston Martin a mis les petits plats dans les grands pour «se rapprocher comme jamais d’une voiture de Formule 1, tout en restant homologuée pour la route», comme ils l’écrit le constructeur sur son site.
Après quatre années d’attente, le plaignant explique avoir connu depuis l’acquisition de son véhicule, en 2022, «plus de problèmes qu’avec toutes mes autres voitures réunies». Il ajoute, simplement : «J’en ai marre d’Aston Martin». L’un des premiers arguments soutenus est celui du manque de fiabilité de cette automobile, qui a notamment connu une fuite au niveau de la pompe à eau qui l’a laissée au garage pendant quinze longs mois, dès sa première sortie.
Mais en plus de ces dysfonctionnements et la difficulté à la réparer, l’une des caractéristiques du bolide le gêne plus que les autres : le bruit de son moteur. Il explique que son moteur V12 nuit à l’écoute du trafic routier ambiant, notamment en masquant les bruits de sirènes qu’utilisent les véhicules d’urgence. Il raconte : «C’est grâce à la réactivité et à la compétence de conduite du chauffeur de l’ambiance qu’un accident mortel a pu être évité».
De son côté, le constructeur minimise les critiques et parle d’une «exagération». Pour les défauts mécaniques, il soutient qu’il s’agit d’une usure normale du véhicule. Le soixantenaire allemand, qui a déjà fait connaître son intention de voir son achat annulé et d’obtenir un remboursement total, devra probablement en laisser une partie à la marque, qui pourrait s’accommoder d’une pénalité de 200.000 euros infligée au propriétaire.

Aston Martin définit la Valkyrie comme une «hypercar». Il s’agit d’un modèle «transposant la technologie F1 sur la route». Le modèle pousse l’aérodynamisme et le poids minimum jusqu’à intégrer le logo de la marque, sur le devant du véhicule, dans la peinture et non dans sa position originelle, centrale sur le capot. Cela permet de gagner en aérodynamisme et en poids grâce à une technologie de «40 microns d’épaisseur et 99,4% plus léger que l’insigne émaillé traditionnel».