
Alors que la France a été frappée par un violent épisode orageux, de très gros grêlons sont tombés sur l’Hexagone, et notamment à Paris, occasionnant de nombreux dégâts. Ces géants de glace émergent lors d’orages d’une rare intensité.
Les images sont spectaculaires : la région parisienne a été frappée par de violents orages qui ont occasionné des pluies de grêlons atteignant la taille de grosses balles de golf. S’ils sont loin de la taille des plus gros recensés dans l’histoire, ils ont néanmoins provoqué de lourds dégâts dans la capitale. Ces grêlons géants se forment dans les nuages grâce à des courants ascendants puissants. Explications.
La formation de grêlons nécessite des cumulonimbus, ces nuages d’orage massifs capables de s’élever jusqu’à 12 kilomètres d’altitude. Les courants ascendants puissants, caractéristiques des orages supercellulaires, jouent un rôle crucial. Ces courants maintiennent en suspension des gouttelettes d’eau en surfusion (eau liquide à des températures inférieures à 0 °C), permettant leur cristallisation autour d’une impureté, comme une poussière ou un grain de pollen. Ce noyau initial, appelé embryon, est le point de départ de la formation du grêlon.
Ensuite, les grêlons prennent de la taille en traversant plusieurs fois les différentes couches du nuage, propulsés par les courants ascendants. Chaque passage ajoute une nouvelle couche de glace, et la composition de ces couches dépend des conditions rencontrées. Croissance humide : lorsque l’eau liquide gèle lentement sur la surface, elle forme des couches claires et denses. Croissance sèche : lors d’un gel rapide, de petites bulles d’air sont emprisonnées, créant des couches opaques et moins denses.
Un grêlon record d’1,02 kg
Quand le poids du grêlon dépasse la force des courants ascendants, il chute à grande vitesse. Les plus gros grêlons continuent parfois de croître pendant leur descente, atteignant des dimensions impressionnantes avant de toucher le sol. Le record du grêlon le plus lourd revient à une tempête au Bangladesh, en 1986, où un spécimen de 1,02 kg a été recensé dans le district de Gopalganj. Ce phénomène reconnu par le Guinness des records, a causé 92 décès, soulignant l’impact destructeur de ces masses de glace.
Aux États-Unis, les plaines du Midwest sont particulièrement exposées. À Vivian, dans le Dakota du Sud, des grêlons de 20 cm de diamètre sont tombés en 2010, endommageant des dizaines de bâtiments. Certaines études suggèrent que les grêlons géants pourraient devenir plus fréquents en raison du réchauffement climatique. L’augmentation de l’énergie disponible dans l’atmosphère et la hausse des températures favorisent la formation d’orages intenses, créant les conditions idéales pour ces phénomènes.