jusqu’à cinq ans de prison ferme requis contre les membres du groupe d’ultradroite AFO

Photo of author

By InfoHunter



Le parquet de Paris a requis ce jeudi jusqu’à cinq ans de prison ferme pour les membres du groupe d’ultradroite Action des forces opérationnelles (AFO), jugés pour avoir planifié des actions anti-musulmans.

«Non, ils ne sont pas Jean Moulin» : au procès des membres du groupe d’ultradroite Action des forces opérationnelles (AFO), jugés pour avoir planifié des actions anti-musulmans, le parquet a requis jeudi jusqu’à cinq ans de prison ferme, balayant la prétendue appartenance à un mouvement de résistance, invoquée par certains.

«Ils pensaient être les détenteurs du bien», a exposé l’un des deux procureurs de la République au début de son réquisitoire. «Pendant la procédure et également pendant les audiences, certains ont pu dire qu’ils avaient l’impression de faire partie de la Résistance, évoquant un grand-père résistant face aux nazis. Mais l’héroïsme n’est pas génétique ! Non, ils ne sont pas Jean Moulin», a-t-il ironisé en désignant les prévenus.

Seize personnes sont jugées devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnées d’association de malfaiteurs terroriste et de recherches d’armes, avec des implications diverses. En apparence, ils sont des monsieur et madame Tout-le-monde, ingénieur, comptable à la retraite, infirmière ou diplomate.

Ces 13 hommes et trois femmes se définissaient comme «patriotes» et partageaient un attrait pour l’armée. Ils ont rejoint entre 2017 et 2018 le groupe AFO, une organisation «hiérarchisée et structurée» qui planifiait des «actions violentes concrètes dans des lieux symboliques» de l’islam, selon l’ordonnance des juges d’instruction.

Des relaxes également requises 

C’est à l’encontre de Daniel R., le plus jeune des prévenus et le seul qui comparaît détenu (dans une autre affaire) que le ministère public a été le plus sévère, requérant une peine de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt. L’une des procureures rappelant son rôle d’artificier et de formateur militaire du groupe et insistant sur le risque de réitération, selon elle.

A l’encontre de Guy S., le fondateur et chef d’état-major d’AFO, de Bernard S., le chef du réseau Ile-de-France et de Philippe C., alias Achille, le ministère public a requis cinq ans de prison dont trois avec sursis probatoire, avec la partie ferme aménagée en détention à domicile sous surveillance électronique pour les deux premiers.

Philippe C. a lui déjà purgé en détention provisoire la totalité de la partie ferme de la peine requise à son encontre. Les procureurs ont également sollicité contre eux une interdiction du port d’armes pendant 15 ans, l’interdiction d’entrer en contact avec les co-auteurs et l’inscription au Fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). Des relaxes ont également été requises, le parquet estimant les éléments trop faibles concernant deux prévenus.

«Soudé par la haine et le rejet de l’islam»

«AFO a répondu dès l’origine à la peur de l’islam et à la nécessité du passage à l’acte», a déclaré le procureur devant le tribunal correctionnel de Paris, dénonçant le cadre idéologique du groupe «soudé par la haine et le rejet de l’islam». Pendant le procès, les prévenus ont tous mentionné le choc qu’ils ont ressenti après les attentats de 2015 et 2016 en France.

L’enquête a révélé que l’objectif d’AFO était de «faire prendre conscience (…) du risque de pénétration islamiste» et que le groupe voulait œuvrer à «rétablir pour nos enfants et nos petits-enfants l’héritage bâti par nos ancêtres».

La présidente du tribunal est largement revenue sur les objectifs discutés lors de réunions, de stages survivalistes et dans de nombreux écrits. Le groupe avait par exemple imaginé une «opération halal» prévoyant de dissimuler les femmes d’AFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés avec du cyanure ou de la mort aux rats.

Pour marquer les esprits et terroriser les musulmans, AFO imaginait aussi tuer «200 imams radicalisés» et faire exploser la porte d’une mosquée de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). La plupart des prévenus se sont défendus à la barre d’avoir voulu passer à l’acte, évoquant des paroles en l’air ou des fantasmes.

«Le dossier AFO est fort heureusement un projet qui n’a pas abouti grâce à la vigilance des services de renseignements. Se seraient-ils désistés avant ? Personne ne le sait, cela relève de la cartomancie judiciaire», a conclu le parquet. Le procès doit se poursuivre avec les plaidoiries de la défense.



Source link

Laisser un commentaire