
À Bourg-en-Bresse, une jeune femme de 33 ans, accusée d’avoir tué son grand-père de 95 ans en mettant le feu à son lit, a été condamnée en appel à cinq ans de prison dont un ferme aménagé en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE).
Depuis lundi 23 juin, une femme était jugée en appel à Bourg-en-Bresse pour avoir tué son grand-père de 95 ans en mettant le feu à son lit. Le drame s’est déroulé en août 2020 lorsque le nonagénaire a été retrouvé mort brûlé et asphyxié dans son lit médicalisé chez l’une de ses filles, à Saint-Laurent-de-Mure (Rhône). Placée en garde à vue deux mois après, sa petite-fille, qui venait régulièrement s’en occuper, avait reconnu l’avoir tué.
Ce mercredi 25 juin, la cour d’assises de l’Ain a rendu son verdict, condamnant l’accusée à cinq ans de prison, dont un ferme. Cette dernière peine sera toutefois aménagée en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE).
La cour a qualifié les faits d’«une extrême gravité» qui ne sont «nullement une démarche raisonnée d’euthanasie». De son côté, le parquet avait requis à l’encontre de cette même accusée la peine de quinze ans de réclusion criminelle.
En première instance, en octobre 2024, Emilie G., 33 ans, avait plaidé «l’acte d’amour», affirmant avoir agi pour abréger les souffrances du vieil homme, qu’elle a décrivait comme un «foetus vieux». Les jurés de la cour d’assises du Rhône l’avaient reconnue coupable, mais ne l’avaient condamnée qu’à cinq ans de prison avec sursis. Le parquet, qui avait également requis 15 ans de prison pour cet «acte cruel», avait fait appel du verdict.
«le feu c’est atroce, c’est inhumain»
Depuis des années, l’accusée, souffrant de symptômes dépressifs, assistait à la dégradation de l’état de santé de celui qui l’a en partie élevé et qu’elle considérait comme son père. Après une chute en 2015, son grand-père avait été placé en résidence médicalisée, où Emilie G. assure l’avoir découvert un jour dans un état lamentable de quasi-abandon.
Choquée, elle avait retiré son aîné, équipé d’une sonde urinaire et de couches, de la résidence. La fille et le gendre du vieil homme l’avaient récupéré chez eux, dans une chambre aménagée. Une prise en charge quotidienne difficile pour les parents de la jeune femme. Un mois avant les faits, Emilie G. avait retrouvé son grand-père baignant dans ses excréments après une absence prolongée de ses parents. Elle affirmait alors qu’il lui aurait demandé de mourir.
Mais un élément était venu déclencher le passage à l’acte chez la jeune femme : l’adultère de son conjoint, qui lui avait annoncé la chose le 23 août 2020. La nouvelle de trop. Après cela, elle avait emporté un bidon d’essence avant de se rendre chez ses parents pour mettre le feu au lit du vieillard endormi. Elle avait expliqué devant la cour n’avoir pas voulu «le brûler» mais simplement l’asphyxier.
Souvent en larmes à la barre durant ce procès en appel, la trentenaire a dit regretter son geste, peinant toutefois à l’expliquer, car «le feu c’est atroce, c’est inhumain». «Il avait très clairement exprimé son souhait de mourir» et elle l’a fait «par amour pour son grand-père», avait plaidé Me Thibaud Claus, l’avocat de l’accusée, après les réquisitions de l’avocat général.
Mais «il n’est pas mort en douceur, ce n’est pas un geste d’amour», a estimé de son côté le représentant du ministère public jugeant par la même occasion la peine prononcée en première instance «totalement incompréhensible».