
43% des paiements en France se font encore en espèces, mais les personnes handicapées peinent à accéder aux distributeurs de billets. Une nouvelle mesure européenne devrait améliorer cette situation dès ce samedi 28 juin.
Une avancée significative. À compter du 28 juin, l’ensemble des distributeurs de billets du territoire, comme dans tous les pays membres de l’Union européenne, devront respecter des critères stricts d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.
Parmi ces normes : des instructions vocales, une prise pour casque audio, un contraste renforcé sur les écrans, des textes en gros caractères, ainsi qu’une navigation simplifiée.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la directive sur l’accessibilité européenne, adoptée en 2019, visant à harmoniser la praticabilité des produits et services dans différents domaines, tels que les transports, le numérique ou notamment les services bancaires.
L’objectif est de garantir à chaque citoyen, quel que soit son handicap (visuel, auditif, moteur ou cognitif), un accès sans entrave aux services essentiels.
Les modèles actuels non compatibles pourront continuer à fonctionner jusqu’à leur mise à jour ou leur remplacement, avec une échéance fixée à 2030. En revanche, aucun nouvel appareil ne pourra être installé sans ces nouvelles améliorations.
7.000 nouveaux DAB d’ici à 2026
La Fédération bancaire française s’est montrée rassurante, affirmant que «la quasi-totalité des distributeurs automatiques de billets est conforme aux règles désormais imposées par l’Union européenne». Le Crédit Agricole a également assuré que ses «automates récents incluent déjà une technologie vocale et des prises jack pour casque personnel».
Toutefois, certaines agences, notamment en milieu rural, devront engager rapidement des mises à niveau, ce qui représente un coût non négligeable pour les établissements bancaires. BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC ont d’ailleurs uni leurs forces pour moderniser leurs automates sous la marque commune «Cash Services».
Près de 7.000 nouveaux DAB devraient ainsi être installés d’ici à 2026, tandis que 3.000 distributeurs obsolètes seront progressivement retirés.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sera chargée des contrôles. En cas de non-respect, les sanctions prévues, les banques risquent une amende pouvant atteindre 1.500 euros par infraction, voire des suspensions de service en cas de manquements prolongés.
Selon un sondage de l’Ifop, publié en avril 2023, 83 % des Français restent attachés à l’argent liquide, 74 % affirment en utiliser presque quotidiennement et 87 % disent être «inquiets» face à sa possible disparition.