quelles sont les options de riposte dont dispose à présent Téhéran ?

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By InfoHunter



Après l’attaque américaine inédite sur des installations nucléaires iraniennes, l’Iran a menacé de s’en prendre militairement aux États-Unis, en leur affligeant «de lourdes conséquences». Mais alors, quelle forme pourrait prendre cette riposte ? 

Tous les regards sont tournés vers l’Iran. «Les combattants de l’Islam vous infligeront de lourdes conséquences imprévisibles avec des opérations (militaires) puissantes et ciblées», a lancé un porte-parole des forces armées, Ebrahim Zolfaghari, ce lundi, dans une vidéo diffusée par la télévision d’État, selon l’AFP. 

Ce message est une réponse directe à l’attaque jugée «très réussie» par Donald Trump, des frappes américaines contre trois sites névralgiques du programme nucléaire iranien, survenue dans la nuit de samedi à dimanche. 

A la suite de cette attaque, le régime de Téhéran, n’a pas tardé à réagir, affirmant qu’une «ligne rouge majeure a été franchie». Dès dimanche matin, une quarantaine de missiles ont été lancés vers Israël visant l’aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv, et un «centre de recherche biologique», parmi d’autres cibles. 

Mais avec l’implication des États-Unis dans le conflit, les portes de la riposte iranienne sont ouvertes, laissant place à différentes hypothèses sur ce à quoi elle pourrait ressembler. 

Blocage du détroit d’Ormuz

Elle est l’une des options les plus envisagées, et l’une des menaces brandies depuis le début du conflit de l’Iran avec Israël : la fermeture du détroit d’Ormuz. Et pour cause : c’est par ce détroit, que transitent 20% des flux pétroliers et gaziers mondiaux. 

«L’Iran a laissé entendre qu’il avait la possibilité, sous réserve de capacité effective, de bloquer le détroit d’Ormuz et d’attaquer des cibles militaires américaines, mais pas seulement. Potentiellement, il y a aussi la possibilité de ciblage d’infrastructures civiles pétrolières», précise David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient et chercheur rattaché à l’Institut de relations internationales et stratégiques à RFI

Cependant, bloquer le détroit pourrait avoir des conséquences pour Téhéran, aussi bien financières que politiques. Plus de 20 millions de barils transitant chaque jour par cette zone, son blocage pourrait engendrer une forte augmentation des prix de l’or noir, et du gaz, et ainsi empêcher le régime d’exporter son propre pétrole vers la Chine, qui achète 95% de la production iranienne. Or, la Chine est l’un des principaux soutiens politiques du pays. 

S’attaquer aux bases militaires américaines

Deuxième option probable : cibler les infrastructures et le personnel militaire américain. Et pour cause : l’armée américaine compte plus de 40.000 soldats répartis sur la zone du Moyen-Orient, et 19 sites militaires. Cette présence américaine a été renforcée, notamment depuis le 7-Octobre et l’attaque terroriste du Hamas contre Israël. 

La plus grande des bases américaines de cette région est la base aérienne d’al-Udeid, au Qatar. Elle abrite plus de 10.000 soldats, sur site en permanence, ainsi que plus de 100 appareils, et des drones. Cette base fait également office de quartier général avancé du Commandement central américain (CENTCOM). 

Les États-Unis disposent aussi d’une base navale à Bahreïn. Cette dernière accueille près de 9.000 personnels civils et militaires. Mais aussi d’une base aérienne, celle d’al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, qui représente une infrastructure-clé de la présence militaire américaine dans la région. Elle accueille des activités stratégiques axées sur la reconnaissance, le recueil de renseignements et le soutien aux opérations aériennes de combat. Mais elle y abrite aussi des avions d’envergure, tels que les chasseurs furtifs F-22 Raptor et divers avions de surveillance, dont des drones et des systèmes AWACS. 

La menace terroriste 

C’est l’une des ripostes vers lesquelles Téhéran pourrait également se tourner : commettre des attentats sur des lieux d’intérêts israéliens ou américains. 

Néanmoins, pour anticiper ce genre de menace, les États-Unis ont pris des dispositions, il y a plusieurs semaines déjà. Par exemple, depuis le 11 juin, l’ambassade américaine de Bagdad en Irak a entamé une réduction de ses effectifs. La Navy américaine a, de son côté, renforcé sa présence dans la région, en dépêchant, en urgence, le porte-avions, l’USS Nimitz, qui a quitté la mer de Chine méridionale le 16 juin pour rejoindre la mer d’Oman. 

Pour le moment, la nature de la riposte de l’Iran reste un mystère. Par ailleurs, son pouvoir de nuisance semble avoir été éreinté par les frappes israéliennes, qui ont débuté le 13 juin dernier. Si, selon des estimations, Téhéran disposait jusqu’alors d’environ 2.000 missiles balistiques, l’état des stocks restants n’est pas connu officiellement. 



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