depuis quand l’Iran et les Etats-Unis sont-ils ennemis ?

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By InfoHunter



Les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires en Iran, dimanche 22 juin 2025. Téhéran promet une riposte. Cette nouvelle crise s’inscrit dans une relation marquée par plus d’un siècle d’alliances, de ruptures et d’affrontements.

Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2025, les États-Unis ont mené une série de frappes aériennes contre trois installations névralgiques du programme nucléaire iranien. Le Pentagone a qualifié ces attaques de «dévastatrices» mais affirme qu’aucune victime n’est à déplorer, selon les autorités iraniennes.

Washington assure ne pas chercher à renverser le régime, mais Téhéran dénonce une «ligne rouge» franchie. La tension monte d’un cran dans une relation déjà historiquement explosive.

Des partenaires devenus ennemis

L’antagonisme entre les deux pays n’a pas toujours existé. À la fin du XIXe siècle, l’Iran, alors Empire perse, envoie son premier ambassadeur à Washington. Durant la première moitié du XXe siècle, les échanges diplomatiques se renforcent, même après l’occupation partielle du pays par les Alliés (Royaume-Uni et Union soviétique) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le coup d’État de 1953, orchestré par la CIA et les services secrets britanniques contre le Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh, n’entame pas encore l’alliance. L’Iran reste un pilier stratégique pour les États-Unis au Moyen-Orient.

La rupture de 1979

La révolution islamique constitue le tournant majeur. Le shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu par l’Occident, est renversé. L’ayatollah Rouhollah Khomeini instaure une république islamique et impose la charia.

Le 4 novembre 1979, des étudiants iraniens prennent d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran. Cinquante-deux otages y seront retenus pendant 444 jours. Cette crise scelle la rupture diplomatique et symbolise l’entrée dans une ère d’hostilité durable.

Le président Jimmy Carter rompt les relations diplomatiques et ordonne un embargo sur les ventes d’armes. Les otages seront libérés le jour de l’investiture de Ronald Reagan, le 20 janvier 1981.

L’Iran, enjeu géopolitique de la guerre froide

Dans les années 1980, le conflit Iran-Irak ne réconcilie pas les deux pays. Les États-Unis soutiennent activement l’Irak de Saddam Hussein, espérant faire barrage à l’expansion de l’influence soviétique dans la région.

Washington fournit des renseignements, du matériel militaire et reste silencieux face à l’usage d’armes chimiques par Bagdad. L’Iran devient une zone tampon stratégique, mais isolée diplomatiquement.

De l’espoir diplomatique aux sanctions

Les années 1990 et 2000 confirment la défiance américaine. En 1995, Bill Clinton impose un embargo commercial total, accusant l’Iran de soutenir le terrorisme islamiste et de chercher à se doter de l’arme nucléaire.

L’inquiétude s’intensifie en 2005 lorsque l’Iran relance officiellement son programme nucléaire. L’ONU condamne la manœuvre.

Un espoir naît en 2015 avec la signature de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Mais Donald Trump retire unilatéralement les États-Unis de cet accord en 2018, réinstaurant les sanctions économiques. Le climat de défiance s’accentue encore.

Une relation plus que jamais irréparable ?

Les frappes du 22 juin 2025 relancent une confrontation ouverte. Si Washington assure ne pas viser un changement de régime, l’Iran parle de «conséquences éternelles».

Plus de 40 ans après la révolution islamique, les relations entre les deux pays semblent désormais condamnées à une escalade permanente. Une histoire de défiance, de méfiance et de menaces qui, une fois de plus, revient sur le devant de la scène internationale.



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