
Alors que les États-Unis ont frappé dimanche trois sites nucléaires iraniens, on apprenait la veille que plusieurs bombardiers furtifs B-2 avaient quitté la base aérienne de Whiteman dans le Missouri. Ces avions sont les seuls capables de larguer la GBU-57, une bombe conçue pour frapper les sites nucléaires les plus enfouis.
Et les États-Unis sont entrés en guerre. Ce dimanche 22 juin à l’aube, Donald Trump a annoncé que les installations nucléaires iraniennes d’Ispahan, Natanz et Fordo ont été «complètement détruites» suite aux bombardements américains entrepris dans la nuit de samedi.
Si le président américain n’a pas immédiatement spécifié les armes employées, tous les regards se tournent vers les Northrop B-2 Spirit, ces bombardiers furtifs capables de transporter l’unique bombe américaine conçue pour détruire des bunkers profonds : la GBU-57.
En effet, six bombardiers B-2, partis de leur base du Missouri samedi, ont volé sans interruption vers l’ouest, et survolé notamment la base militaire de Guam, dans le Pacifique, avant d’atteindre le ciel iranien, relate le Times. Très tôt dimanche, les États-Unis ont largué une douzaine de bombes anti-bunker de 13.600 kg sur le site nucléaire de Fordo et deux autres sur le site de Natanz.
Les Etats-Unis : la clé du nucléaire iranien
Israël a multiplié les frappes contre l’Iran depuis la nuit du 12 au 13 juin, freinant de plusieurs années l’obtention de l’arme de destruction massive par Téhéran d’après ses responsables. Néanmoins, aucun pays n’est en mesure d’annihiler complètement ces bases, notamment celle de Fordo située à plusieurs dizaines de mètres de profondeur.
Mais une exception existe : les Etats-Unis. Avec leurs B-2, ils peuvent transporter chacun une ogive de 13 tonnes capable de s’enfoncer à des dizaines de mètres de profondeur avant d’exploser, permettant de mettre fin au conflit en Israël et l’Iran.
Une prouesse de technologie
Apparu à la fin des années 1980 dans les locaux de la Northdrop Grumman Corporation au sein de l’US Air Force, le B-2 a été mis en service peu avant les années 2000. Classé dans la catégorie des «ailes volantes», ces rares avions dont le cockpit est intégré directement à l’aile, le B-2 Spirit tire son épingle du jeu par son allure atypique, avec un design anguleux, voire triangulaire particulièrement célèbre. D’où son appellation de bombardier «furtif», assimilable à un rapace fonçant sur sa proie.
Cet aéronef a amorcé ses premières missions durant la guerre du Kosovo (1998-1999) avant d’être déployé dans des conflits internationaux comme en Irak ou Afghanistan.
Dans le détail, il possède quatre moteurs turboréacteurs sans post-combustion signés General Electric avec une envergure de 52 mètres et une longueur de 21 mètres. Concernant son poids, ce bombardier pèse 45 tonnes pour une charge maximale (carburant et équipements) de 150 tonnes.
Le coût estimé pour chaque appareil est de plus de 2 milliards de dollars pièce en moyenne (environ 1,7 milliards d’euros). Le B-2 Spirit est destiné à être remplacé par le très attendu B-21 Raider dans les années 2030.