Le train à grande vitesse britannique, appelé «High Speed 2», enchaîne les déconvenues. Après l’abandon d’un tronçon important en 2023, le projet accuse un retard important, à en croire la ministre des Transports du pays, qui s’est exprimée ce mercredi 18 juin.
Un chantier qui s’éternise. Au Royaume-Uni, le projet de train à grande vitesse appelé «High Speed 2» (HS2) traîne en longueur. La ministre britannique des Transports a ainsi déploré, mercredi 18 juin, qu’elle ne voyait «aucun moyen» que les travaux finissent dans les temps attendus.
«Je ne vois aucun moyen de faire circuler les trains d’ici à 2033 comme prévu», a déclaré Heidi Alexander, ministre des transports britannique depuis novembre 2024. Ce projet ferroviaire devait voir le jour en 2033 et avait pour ambition initiale de lier des villes clés comme Londres et Birmingham dans un premier temps, puis Leeds et Manchester, ensuite.
Transport Secretary @Heidi_Labour provides the House of Commons with an update on the work being done to get HS2 back on track, including accepting all of the recommendations from the James Stewart Review.
Read the full statement and recommendations: https://t.co/BVhcDZUATvpic.twitter.com/NPQfWITtEy
— Department for Transport (@transportgovuk) June 18, 2025
Dans son discours face à la Chambre des Communes, la ministre a critiqué un «mauvais management» et un «manque d’anticipation» de la part du gouvernement précédent, celui de Rishi Sunak. Le gouvernement actuel, appelé gouvernement Starmer, représente le parti travailliste, au contraire du précédent, qui était conservateur.
Le chantier, qui traîne depuis 2009, année où il avait été présenté, devait s’inscrire dans la continuité d’une modernisation des rails britanniques, imitant les travaux entrepris entre Londres et le tunnel sous la Manche.

Depuis, les travaux n’ont cessé de rencontrer des problématiques augmentant le coût total du projet. Il est depuis devenu l’un des des réseaux ferré les plus chers au kilomètre. Heidi Alexander parle d’un «épouvantable gâchis», devant les députés britanniques. Elle a même remis en question l’ensemble des travaux, déclarant que «l’ensemble du projet, en termes de coûts, de calendrier et de portée, n’est pas viable». Initialement, le prix de cette nouvelle ligne de train était évalué à 37,5 milliards de livres (43,8 milliards d’euros), mais il a depuis été réévalué à quelque 66 milliards de livres (77,15 milliards d’euros), l’année dernière.
Pas la première déconvenue du projet
Alors qu’il devait être ouvert en 2026, ce nouveau train n’a cessé de voir son inauguration repoussée. Pire encore, l’ancien Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a annoncé en novembre 2023 l’abandon de l’un des tronçons les plus importants du réseau : celui qui devait relier Birmingham à Manchester. Un échec sur lequel la ministre des Transports n’a pas hésité à revenir : «Nous ne reprendrons pas la construction de segments que nous ne pouvons pas nous permettre de construire, mais nous essayerons de rebâtir la confiance collective perdue».
Face à ces nombreux retournement de situation dans le projet ferroviaire le plus important du Royaume-Uni, depuis l’époque victorienne, certains spécialistes du rail comme Roderick Smith, professeur à l’Imperial College de Londres, ont reconnu le ridicule de la situation : «Nous sommes la risée des autres nations européennes».