
La cour d’appel de Dijon a ordonné, mercredi 18 juin, un nouvel interrogatoire de Jacqueline Jacob, la grand-tante du petit Grégory, retrouvé mort le 16 octobre 1984. Interpellée en 2017, elle est de nouveau soupçonnée d’avoir rédigé en 1983 une lettre du «corbeau». Mais qui est-elle ?
Plus de 40 ans après la mort du petit Grégory, retrouvé noyé et ligoté dans une rivière des Vosges, l’enquête se poursuit. Depuis mercredi 18 juin, la justice lance une nouvelle procédure contre Jacqueline Jacob. La grand-tante du défunt est dans le viseur des autorités, suspectée d’être le «corbeau» qui a harcelé la famille de la victime par courrier et par téléphone pendant des années. L’accusée réaffirme «sa totale innocence», selon un communiqué de ses avocats.
D’après Le Parisien, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon s’appuie sur des expertises en stylométrie, soit selon des analyses de son style d’écriture, sa syntaxe, sa fréquence de mots par phrase et ses choix de vocabulaire.
Habitante du même village que bernard laroche
Dans l’affaire du petit Grégory, la famille a toujours été au cœur de l’enquête. Tous les membres ont été interrogés et beaucoup d’entre eux ont été suspectés. Jacqueline Jacob, désormais âgée de 80 ans, fait partie des suspects dans le harcèlement des parents. Elle est la grand-tante par alliance de l’enfant, belle-sœur de Monique Jacob, la mère de Jean-Marie Villemin (le père du petit Grégory). Elle appartenait ainsi à la branche de la famille de Bernard Laroche, tué d’un coup de fusil par Jean-Marie Villemin, son cousin, persuadé de sa culpabilité dans le meurtre de son fils.
Résidente du village d’Aumontzey (Vosges) avec son mari Marcel, Jacqueline Jacob n’était pas loin du domicile de Bernard Laroche et de celui d’un frère de Jean-Marie Villemin. Le couple entretenait de mauvaises relations avec les parents de l’enfant et son grand-père, Albert Villemin. Une dispute aurait éclaté entre Marcel Jacob et Jean-Marie Villemin quelques semaines avant la mort du petit Grégory, sous fond de jalousie financière.
déjà interpellée en 2017
Jacqueline et Marcel Jacob ont rapidement nourri les soupçons des enquêteurs, dû à cette proximité géographique dans cette vallée de la Vologne dans les Vosges. Le meurtre de l’enfant n’est pas élucidé. «Le complot familial est l’hypothèse dominante et il n’y a pas, a priori, d’auteur unique», pour le procureur Philippe Astruc sur RTL en 2024.
En 2017, une expertise en graphologie, qui s’intéresse à la forme des lettres, désigne Jacqueline Jacob comme l’autrice d’une lettre du «corbeau» de 1983. Mise en examen avec son mari pour «enlèvement et séquestration suivie de mort», elle garde le silence durant l’audition et sa procédure est annulée en 2018 pour vice de forme.
Avec de nouvelles analyses stylométriques, la justice envisage une mise en examen pour «association de malfaiteurs criminelle» de Jacqueline Jacob. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon, qui supervise le dossier depuis sa réouverture en 2008, a listé en début d’année les «éléments qui concernent Jacqueline Jacob», a rapporté Philippe Astruc, sans donner de détails.
L’audition «ne devrait pas intervenir avant quelques mois», précise le procureur général de la cour d’appel de Dijon.