
Une enseignante du collège Lucie Aubrac d’Argenteuil (Val-d’Oise) a reçu une lettre de menaces comportant son nom et un point d’interrogation aux côtés des dates de décès de Samuel Paty et de Dominique Bernard. Une enquête a été ouverte.
Une affaire prise très au sérieux. Une lettre de menace anonyme a été envoyée en début de semaine à une enseignante du collège Lucie Aubrac d’Argenteuil dans le Val-d’Oise.
La lettre ne contient que quelques mots, toutefois ces derniers sont suffisants pour que la menace de mort soit explicite : Les dates de décès de Samuel Paty et de Dominique Bernard, accompagnées d’un point d’interrogation à côté du nom de l’enseignante menacée.
Une menace à peine voilée qui inquiète très fortement l’équipe pédagogique du collège. «Ça a été reçu à l’adresse du collège et on l’a appris par la direction qui a réuni toute l’équipe en salle des professeurs. Il y a eu un meurtre mardi dernier et trois jours après, il y a une menace de mort et on nous demande de continuer de travailler comme si de rien n’était», a relaté à CNEWS une enseignante sous couvert d’anonymat.
Les enseignants, dont les trois quarts ont cessé leur activité, ne cachent pas leur colère mais aussi leur crainte et leur lassitude face à leur quotidien déjà rythmé par la violence de certains de leurs élèves.
Une violence physique et verbale
«Ce sont des cris, des insultes tout le temps et puis ils en viennent très vite aux mains. Ils s’en prennent à nous physiquement», a expliqué cette même enseignante.
Un constat appuyé par l’un de ses collègues, qui lui aussi a témoigné anonymement : «Quand vous entendez « va te faire enculer » 150 fois par jour, je pense qu’après, vous finissez par le dire tout simplement parce que cela devient une façon normale de communiquer».
Si les collégiens sont choqués par ces menaces, ils tendent tout de même à minimiser la gravité de la situation. Pour Hakim, médiateur de quartier, ces jeunes sont déconnectés de la réalité. «A force de voir d’autres camarades à eux, d’autres villes le faire, bah pourquoi pas moi ? Moi aussi, je peux le faire. En fait, ça s’est banalisé», a-t-il expliqué.
L’enseignante a déposé plainte, elle bénéficie d’une protection fonctionnelle. Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver l’auteur de la lettre.