
Pays en guerre contre Israël, la République islamique d’Iran compte encore une significative communauté juive parmi ses citoyens. Les Juifs et l’ancienne Perse partagent une longue histoire commune.
En Iran, la religion ultra-majoritaire est l’islam. Plus de 99% de la population est musulmane, et la République islamique iranienne, qui applique la charia (loi islamique), est par définition un régime non laïc.
La Constitution iranienne reconnaît toutefois trois minorités religieuses, dont la religion juive. Les juifs d’Iran bénéficient officiellement de la liberté d’exercer leur culte, et la présence de synagogues est attestée. La communauté juive est cependant devenue très réduite.
Une population réduite de 90% depuis la révolution islamique
Historiquement opposé à l’existence d’Israël en tant qu’État légitime, l’Iran entretient des relations hostiles avec l’État hébreu depuis la Révolution islamique de 1979. Depuis l’abolition de la monarchie et l’instauration de la République islamique, de nombreux juifs ont quitté le territoire perse.
En 1948, l’Iran comptait 150.000 personnes de confession juive, selon le magazine juif Tablet. Près de 100.000 y vivaient encore avant la Révolution islamique, avant de partir massivement vers les États-Unis et Israël.
Favorisées par une législation matrimoniale souple, certaines conversions à l’islam sont également à noter. Désormais, selon les sources officielles iraniennes, en 2011, ils n’étaient plus que 3.000. Des sources extérieures avancent toutefois le chiffre de 8.500, concentrés principalement à Téhéran, Ispahan et Chiraz.
Une liberté de culte mais avec des discriminations
Selon les témoignages de juifs vivant encore en Iran, leur liberté de culte n’est pas entravée. «On compte 30 synagogues, des écoles juives, des boucheries et restaurants casher, et même une fabrique de matsa (pain non levé, ndlr). Les juifs ne subissent aucune persécution ni aucun préjugé et peuvent conserver leur mode de vie juif sans interférence. Leurs droits, en tant que minorité religieuse officielle, sont protégés par la loi et la Constitution, et ils ont même un représentant au Parlement», explique David Nissan, expert de l’Iran et ancien officier des renseignements israéliens, né et élevé à Téhéran.
Dans le média israélien Jewish News Syndicate (JNS), il précise toutefois que les membres de cette minorité «doivent afficher clairement cette séparation [avec Israël] et prouver leur loyauté envers l’Iran, qui considère le sionisme comme illégitime et répréhensible». Des personnalités juives iraniennes publient parfois des déclarations anti-israéliennes, comme le rapporte le Times of Israel.
Même si les juifs ne représentent plus qu’une infime minorité, l’Iran reste l’une des plus anciennes terres d’accueil du judaïsme, avec une présence attestée dès le VIIIe siècle av. J.-C. Certains héritages en témoignent encore : un hôpital de Téhéran, fondé au XXe siècle pour soigner des patients juifs, fonctionne encore aujourd’hui avec des subventions de l’État, mais accueille désormais majoritairement des patients musulmans.
Les juifs qui ont choisi de rester en Iran sont profondément attachés à leur pays et ne souhaitent pas le quitter. L’avenir de la communauté juive iranienne pourrait toutefois être fragilisé par le conflit actuel entre l’Iran et Israël.