
Le collégien de 14 ans, poursuivi pour avoir poignardé à mort Mélanie G., surveillante d’éducation au collège Françoise-Dolto de Nogent (Haute-Marne), a été mis en examen ce jeudi 12 juin pour «meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public» et a été placé en détention provisoire.
A l’issue de sa garde à vue, qui a pris fin ce jeudi matin, l’élève de 14 ans, accusé du meurtre de Mélanie G., l’assistante d’éducation tuée au collège Françoise-Dolto de Nogent (Haute-Marne) mardi 10 juin, a été présenté à un juge qui l’a mis en examen pour «meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public» et a ordonné son placement en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Dijon. Le suspect a également été placé sous le statut de témoin assisté pour violences aggravées sur un militaire de la gendarmerie nationale, précise un communiqué du parquet de Dijon.
Au cours de la conférence de presse tenue ce mercredi, au lendemain des faits, le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois, est revenu sur la personnalité du suspect, «décrit comme sociable et plutôt un bon élève». «Il est issu d’une famille unie et insérée professionnellement. Aucun membre de sa famille, ni lui-même, ne présente d’antécédents judiciaires», a ajouté le magistrat.
Pourtant, le suspect avait l’objet de deux sanctions au cours de son parcours scolaire au collège Françoise-Dolto. «Une pour avoir porté des coups de poing à un camarade de classe et une autre pour avoir frappé un élève de 6e . Pour ces faits, deux sanctions disciplinaires avaient été apportées par l’établissement scolaire, à savoir une exclusion des cours pendant une journée avec présence au collège pour les premiers faits et une exclusions complète d’une journée pour les seconds».
Quant à savoir ce qui aurait poussé le collégien à commettre l’irréparable, selon le procureur de la République, citant les propos du suspect, ce dernier a déclaré aux enquêteurs «avoir voulu s’en prendre à une surveillante sans cibler en particulier l’une d’entre elles. Il indique avoir réagi ainsi parce qu’il ne supportait plus le comportement des surveillantes en général qui aurait eu, selon lui, une attitude différente selon les élèves», a ajouté Denis Devallois, précisant que le mis en cause «ne pouvait pas toutefois relater précisément les événements qui expliqueraient ces sentiments d’injustice subie et de colère».
«Il n’exprime ni regret ni compassion pour les victimes»
Toujours d’après les dires du suspect, ce sentiment proviendrait du fait qu’il aurait été «sermonné par une surveillante vendredi 6 juin alors qu’il était en train d’embrasser sa petite amie au sein du collège». La surveillante en question ne serait pourtant pas Mélanie G., l’assistante d’éducation tuée ce mardi.
A la suite de cet incident, le mis en cause aurait fomenté le projet de tuer une surveillante, «n’importe laquelle», selon ses propres termes. L’élève a précisé qu’après le petit-déjeuner du mardi matin, «il a pris le plus gros couteau qui se trouvait dans sa cuisine pour faire le plus de dégâts», a raconté le magistrat.
Au total, Mélanie G. a été touchée de sept coups de couteau, principalement sur le côté gauche de son corps. L’autopsie a en effet révélé «deux lésions de défense au niveau des mains, une plaie du crâne, deux plaies au niveau des épaules, deux plaies dans le dos, dont une à l’origine du décès d’une profondeur de 18 cm».
Durant sa garde à vue, le collégien n’a exprimé aucun regret quant à son geste. «Il ne manifeste au demeurant aucun signe évoquant un possible trouble mental. Il reconnaît être l’auteur du passage à l’acte mais ne l’explique pas véritablement. Il n’exprime pas de regret ni aucune compassion pour les victimes. Il fait part d’une certaine fascination pour la violence ou la mort ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisées», a encore fait savoir Denis Devallois lors de la conférence de presse.