suspect qui «n’exprime pas de regret», «aucun signe évoquant un trouble mental»… Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du procureur

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By InfoHunter



Le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois, a tenu une conférence de presse ce mercredi 11 juin à la suite du meurtre de la surveillante de collège Mélanie G., tuée à coups de couteau la veille par un collégien de 14 ans. 

Des explications après le drame. Au lendemain du meurtre de l’assistance d’éducation Mélanie G. par un collégien de 14 ans à Nogent (Haute-Marne), le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois, a tenu ce mercredi 11 juin une conférence de presse pour revenir sur les derniers éléments de l’enquête. 

Selon le magistrat, les faits se sont produits 8h15 et 8h30 devant le portail du collège Françoise-Dolto de Nogent. «Le mis en cause, lui-même collégien de 14 ans, a sorti un couteau de son sac et a porté plusieurs coups violents à la surveillante qui se tenait à l’entrée». Selon ses précisions, l’arme blanche utilisée est un couteau de cuisine «avec une lame d’une longueur de 20 cm». 

Après son crime, le mis en cause a pu être stoppé par un gendarme qui a lui-même été blessé à la main. Il présente depuis une incapacité temporaire de travail (ITT) de huit jours. Le jour du drame, les gendarmes étaient aux abords du collège et procédaient à des contrôles des sacs. A total, 22 opérations de ce type se sont déroulées dans le département de la Haute-Marne. «Une opération similaire avait eu lieu dans ce même collège le 25 avril 2025 sans qu’aucune arme ne soit retrouvée», a souligné le procureur de la République de Chaumont. 

Une autopsie a été pratiquée sur la victime ce mercredi, révélant «7 plaies situées principalement sur le côté de gauche du corps, deux lésions de défense au niveau des mains, une plaie du crâne, deux plaies au niveau des épaules, deux plaies dans le dos, dont une à l’origine du décès d’une profondeur de 18 cm». 

A la suite du crime, le collégien a été placé en garde à vue des chefs de «tentative de meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public» et de «tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique». La qualification retenue a ensuite été évoluée en «meurtre aggravé» après le décès de Mélanie G.

Le mis en cause «n’exprime pas de regret ni aucune compassion pour les victimes»

Le procureur de la République de Chaumont, Denis Devallois, a indiqué que le mis en cause est né en août 2010. «Il est collégien en 3e au sein du collège. Il est très décrit comme sociable et plutôt un bon élève. (…) Il est issu d’une famille unie et insérée professionnellement. Aucun membre de sa famille, ni lui-même, ne présente d’antécédents judiciaires». 

Pourtant, cet élève avait l’objet de deux sanctions au cours de son parcours scolaire au collège Françoise-Dolto. «Une pour avoir porté des coups de poing à un camarade de classe et une autre pour avoir frappé un élève de 6. Pour ces faits, deux sanctions disciplinaires avaient été apportées par l’établissement scolaire, à savoir une exclusion des cours pendant une journée avec présence au collège pour les premiers faits et une exclusions complète d’une journée pour les seconds». 

Toujours selon le procureur de la République, en garde à vue, le mis en cause s’est montré «détaché tant au regard de la gravité des faits reprochés que des conséquences vis-à-vis de lui-même». 

«Il ne manifeste au demeurant aucun signe évoquant un possible trouble mental. Il reconnaît être l’auteur du passage à l’attaque mais ne l’explique pas véritablement. Il n’exprime pas de regret ni aucune compassion pour les victimes. Il fait part d’une certaine fascination pour la violence ou la mort ainsi que pour les personnages les plus sombres des films ou des séries télévisés. Il est adepte des jeux vidéo violents sans pour autant être « addict » à ces jeux selon ses propres termes. Il utilise peu les réseaux sociaux», a encore déclaré le magistrat. 

Il voulait tuer une surveillante, «n’importe laquelle»

«Il a indiqué aux enquêteurs avoir voulu s’en prendre à une surveillante sans cibler en particulier l’une d’entre elles. Il indique avoir réagi ainsi parce qu’il ne supportait plus le comportement des surveillantes en général qui aurait eu, selon lui, une attitude différente selon les élèves», a ajouté Denis Devallois, précisant que le mis en cause «ne pouvait pas toutefois relater précisément les événements qui expliqueraient ces sentiments d’injustice subie et de colère». 

D’après les déclarations du suspect, ce sentiment proviendrait du fait qu’il aurait été «sermonné par une surveillante vendredi 6 juin alors qu’il était en train d’embrasser sa petite amie au sein du collège». La surveillante en question ne serait pas Mélanie G., l’assistante d’éducation tuée ce mardi. 

A la suite de cet incendie, le mis en cause aurait fomenté le projet de tuer une surveillante, «n’importe laquelle», selon ses propres termes. L’élève a précisé qu’après le petit-déjeuner du mardi matin, «il a pris le plus gros couteau qu’il se trouvait dans sa cuisine pour, selon ses propres termes, faire le plus de dégâts», a raconté le magistrat.

Comme indiqué par CNEWS plus tôt dans la matinée, la garde à vue du suspect a été prolongée jusqu’à jeudi et de nouvelles auditions sont prévues. A l’issue de cette garde à vue, le mis en cause sera présenté à un juge du pôle de l’instruction de Dijon. «Les faits reprochés sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. En raison de sa minorité, l’adolescent encourt une peine de vingt ans de réclusion criminelle», a affirmé Denis Devallois. 



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