le narcotrafiquant extrait de prison dans les jours qui viennent ?

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By InfoHunter



Le narcotrafiquant Mohamed Amra a été extrait de sa cellule du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe. Une décision, défendue par la procureure de la République de Paris, mais qui déplaît fortement aux organisations syndicales. 

C’est une décision qui suscite l’incompréhension des syndicats pénitentiaires. Ce mercredi, le narcotrafiquant Mohamed Amra, interpellé en Roumanie en février dernier après son évasion lors de l’attaque d’Incarville en mai 2024, au cours de laquelle deux agents pénitentiaires ont perdu la vie, a été extrait de sa cellule de centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. 

C’est à la demande d’une des juges d’instruction que «La Mouche» est transférée, sous haute surveillance bien entendu en raison de son profil dangereux, au tribunal judiciaire de Paris. Le convoi est alors d’ailleurs piloté par le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). 

Bien que cette extraction suscite la polémique, notamment auprès des organisations syndicales qui ont dénoncé «un retour à la case départ», du côté de l’Unsa, et un «sang versé qui semble déjà oublié», pour FO Justice, le transfert de Mohamed Amra à Paris peut toutefois être considéré comme nécessaire pour les juges d’instruction. Et ce, pour éviter qu’ils se déplacent jusqu’à la prison de Condé-sur-Sarthe avec l’intégralité des pièces du dossier. 

«Vous n’imaginez évidemment pas trois magistrats instructeurs se déplacer avec l’intégralité des scellés»

C’est en tout cas ce qu’a défendu la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, vendredi 6 juin, dans une interview accordée à RMC-BFMTV. «Ce sera la première audition de Mohamed Amra (…) Ca va être le temps de ses premières déclarations. On va peut-être lui opposer des pièces de procédure, des scellés. Il faut qu’il soit enregistré», a-t-elle dit.

«Vous n’imaginez évidemment pas trois magistrats instructeurs se déplacer avec l’intégralité des scellés. Et puis il faut aussi des conditions d’audition sur un interrogatoire qui va durer longtemps», a-t-elle poursuivi.

La magistrate n’a pas fermé la porte à une nouvelle extraction de Mohamed Amra, plus tard au cours de l’instruction, notamment si le narcotrafiquant devait être confronté à d’autres mis en examen. 

«Il y aura Mohamed Amra (et les autres suspects, ndlr), leurs avocats, les escortes, les trois juges d’instruction, les greffiers, une caméra qui doit filmer tout le monde», a-t-elle décrit avant de préciser : «Je ne connais pas les conditions d’audition à la prison de Condé-sur-Sarthe, mais je doute qu’il y ait une pièce qui soit faite à cet effet». 

Durant sa prise de parole, Laure Beccuau a dit «comprendre» les craintes exprimées par les syndicats pénitentiaires. Or, dans ce dossier, des membres du gouvernement ont, eux aussi, exprimé leur «inquiétude» quant à l’extraction du narcotrafiquant, à l’instar du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. 

«Faire sortir des individus aussi dangereux d’une prison, ce sont des risques majeurs»

Sur RTL, le locataire de la Place Beauvau a expliqué que «c’est au juge de se déplacer» pour interroger Mohamed Amra. «On voit bien que chaque extraction consomme des moyens du ministère de l’Intérieur, et par conséquent cela coûte cher aux contribuables, et pose, à chaque fois, des risques», a-t-il dit. 

«Dans la loi contre le narcotrafic, il y a un dispositif qui rendra obligatoire l’audition de ces gens-là par visioconférence. C’est fondamental. Sinon, nos policiers, nos gendarmes et les agents de l’administration pénitentiaire peuvent risquer leur vie. Faire sortir des individus aussi dangereux d’une prison, ce sont des risques majeurs. Il faut que nous nous y adaptions et que l’on attende, soit que le juge se déplace, soit qu’il y ait une visioconférence», a ajouté Bruno Retailleau. 

A noter que la loi visant à lutter contre le narcotrafic, adoptée définitivement fin avril et sur lequel doit se prononcer très prochainement le Conseil constitutionnel, prévoit une généralisation de la visioconférence pour les personnes détenues dans les nouveaux quartiers de lutte contre la criminalité organisée, qui ne pourront pas s’y opposer comme c’est le cas pour l’instant.

Mais le texte précise aussi que «le juge des libertés et de la détention, le juge d’instruction ou la juridiction saisie peut, à la demande du ministère public ou d’office, décider de sa comparution physique», s’il juge celle-ci plus adaptée.





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