
La dépouille d’Hichem Miraoui, le Tunisien assassiné à Puget-sur-Argens (Var) le 31 mai par Christophe B., doit arriver à Tunis ce mercredi avant qu’elle ne soit transférée à Kairouan où le quadragénaire sera enterré dans l’après-midi.
Deux semaines après le meurtre raciste d’Hichem Miraoui perpétré par Christophe B. à Puget-sur-Argens (Var), la dépouille du Tunisien devrait rejoindre son pays natal, la Tunisie, dans la matinée de ce mercredi 11 juin.
D’après l’AFP, des membres de la société civile tunisienne ont appelé à réserver un accueil populaire à la famille d’Hichem Miraoui, qui doit arriver en fin de matinée à l’aéroport de Tunis Carthage.
«C’est un appel à se tenir aux côtés de la famille du défunt, et aux côtés de tous les Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger qui souffrent de racisme et de discrimination», selon un communiqué consulté par l’agence de presse française.
Ensuite, la dépouille du Tunisien sera transférée à Kairouan, une ville située à environ 150 kilomètres au sud de la capitale Tunis, pour son enterrement «fixé pour demain», selon la sœur du défunt, interrogée par l’AFP.
Pour rappel, selon un communiqué du parquet national antiterroriste en date du 5 juin 2025, tout a débuté vers 22h, samedi 31 mai. Ce soir-là, Christophe B., qui avait consommé beaucoup d’alcool dans la journée, était dans un état d’énervement. «Il sortait des armes qu’il possédait et tirait, une première fois, à l’intérieur du domicile sans viser personne».
Hichem Miraoui avait reçu de multiples balles au thorax
Le suspect avait ensuite pris sa voiture. Sur la route, il a croisé la victime Hichem Miraoui «qu’il tuait en tirant dans sa direction à plusieurs reprises, en étant, selon ses déclarations, resté dans son véhicule», avait expliqué le Pnat. La victime avait reçu de multiples balles au niveau du thorax.
Le Pnat avait également ajouté que «le visionnage de la vidéo surveillance permettait d’établir que Christophe B. circulait ensuite dans la résidence pour se stationner à 22h26 devant le logement d’un second voisin. Depuis son véhicule, il faisait feu à plusieurs reprises en direction de la baie vitrée, puis quittait les lieux».
«Toujours du visionnage de la vidéo surveillance, il ressortait que, quatre minutes plus tard soit à 22h30, alors que deux des occupants du logement précité étaient sortis, Christophe B. revenait à leur hauteur. Sans quitter son véhicule, il tirait alors à deux reprises en leur direction, blessant l’un d’entre eux à la main, avant de prendre la fuite», avait ajouté le parquet national antiterroriste. Cette seconde victime est un homme né en 1990 en Turquie.
L’enquête avait permis de relever qu’avant les faits, ce suspect de 53 ans avait diffusé sur son compte Facebook une vidéo invitant les «Français» à «se réveiller», tout en faisant «allégeance au bleu blanc rouge». «Réveillez-vous, allez les chercher là où ils sont», avait-il dit dans sa vidéo.
Christophe B. mis en examen pour assassinat terroriste en raison de l’origine
Au total, entre 22h30 le 31 mai et 5h du matin le 1er juin, quatre vidéos ont été publiées par l’intéressé sur son compte Facebook. D’après le Pnat, Christophe B. y «décrivait un Etat « pas capable de nous protéger, de les renvoyez chez eux », précisait « avoir dégommé les 2-3 merdes qui étaient près de chez [lui] » en ajoutant qu’il ne s’agissait que d’un début, puis annonçant son probable décès imminent, saluant sa femme et ses proches».
Lors de l’arrestation de ce mis en cause, les gendarmes avaient retrouvé «deux armes de poing semi-automatiques et deux armes d’épaule, quatre chargeurs garnis de munitions, outre plus de 1.000 munitions de divers calibres. Sa fouille amenait la découverte d’un cinquième chargeur garni» dans le véhicule du suspect.
«La perquisition réalisée à son domicile permettait la saisie de deux autres armes, une carabine et un pistolet équipé d’un silencieux, ainsi que de nombreuses munitions et étuis de munitions de calibres divers», avait poursuivi le Pnat.
Dans cette affaire, Christophe B. était alors déféré devant un juge d’instruction. Comme l’avait requis le parquet national antiterroriste (Pnat), le mis en cause de 53 ans a été mis en examen des chefs d’«assassinat terroriste» et de tentative de la même infraction en raison de la race, de l’ethnie, la nation ou la religion. Il a été placé en détention provisoire.