
Il y a un an jour pour jour, le président de la République Emmanuel Macron avait pris la décision de dissoudre l’Assemblée nationale. Et ce lundi, le chef de l’Etat a affirmé son «souhait» pour «qu’il n’y ait pas d’autre dissolution» du Parlement.
Une décision «assumée». Ce lundi 9 juin marque le premier anniversaire de la dissolution de l’Assemblée nationale. Il y a un an jour pour jour, le dimanche 9 juin 2024, le président de la République s’était adressé aux Français après les résultats des Européennes, au cours desquelles la liste menée par Jordan Bardella et le Rassemblement national avait récolté 31% des voix, largement devant celle de Valérie Hayer, pour le camp présidentiel (14,6%).
Et lors d’une conférence de presse tenue depuis Nice, où se tient la Conférence de l’ONU sur les océans, Emmanuel Macron est revenu sur sa décision prise il y a un an, affirmant son «souhait qu’il n’y ait pas d’autre dissolution» de l’Assemblée nationale.
Les résultats des Législatives anticipées de 2024 ont mis en lumière un pays «fracturé». Mais pour le chef de l’Etat, il n’y a pas «d’immobilisme». Selon lui, «c’est aux formations politiques» et «au gouvernement» de «faire avancer le pays», a-t-il déclaré.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale, le Rassemblement national réalisait une percée, moins forte que prévue. Ainsi, le groupe présidé par Marine Le Pen passait alors de 88 sièges à 124, plus les 16 de l’UDR, le nouveau parti d’Eric Ciotti.
La France se retrouvait ainsi avec un Palais Bourbon coupé en trois blocs relativement équivalents, sans majorité, forçant Emmanuel Macron à former des coalitions afin de pouvoir gouverner.
Michel Barnier censuré, François Bayrou peine à réformer
Face à une Assemblée morcelée, Emmanuel Macron a dû composer pour trouver son Premier ministre. Refusant instantanément de nommer une personnalité proposée par le Nouveau Front populaire, malgré l’émergence de Lucie Castets pour l’union de la gauche, après quelques semaines de recherches, le chef de l’État s’est tourné vers la droite républicaine pour constituer une nouvelle majorité relative.
C’est ainsi que son choix s’est positionné, le 5 septembre 2024, sur Michel Barnier, ancien commissaire européen. Cependant, face à l’incapacité de composer une majorité autour de son projet de loi de finances pour 2025, le Premier ministre a eu recours à l’article 49.3 de la Constitution, lui permettant de passer un texte sans vote.
Engageant la responsabilité de son gouvernement, Michel Barnier est devenu, le 5 décembre 2024, le deuxième Premier ministre de la Ve République à être censuré, après Georges Pompidou en 1962.
Ce dernier a, en effet, été évincé par les votes de l’ensemble du Nouveau Front populaire, mais aussi de l’alliance du Rassemblement national et de l’UDR. La crise politique était de retour, obligeant Emmanuel Macron à choisir un autre nom pour Matignon.
A la mi-décembre, François Bayrou, président du MoDem, était nommé. Afin d’éviter un scénario similaire à Michel Barnier lors de l’examen de son projet de loi de finances, le Premier ministre a été contraint de négocier avec le Parti socialiste, pour ne pas être censuré.
Des négociations qui ont fortement irrité La France insoumise, qui a considéré qu’en octroyant un sursis un François Bayrou, le PS quittait le Nouveau Front populaire.
Le chef du gouvernement peine cependant depuis sa nomination à fédérer et à réformer. Hormis les textes relatifs à l’aide mourir, aucune loi n’a réussi facilement à rassembler une majorité de députés.