
Les Italiens étaient appelés à voter ces dimanche 8 et lundi 9 juin pour un référendum organisé sur la naturalisation et le droit du travail, et ce malgré l’opposition de Giorgia Meloni. Celui-ci a toutefois échoué, la participation n’ayant pas dépassé 50%.
Un résultat qui renforce les positions des partis de la coalition au pouvoir. Depuis ce dimanche 8 juin, et jusqu’à ce lundi, les Italiens devaient se rendre aux urnes afin de voter, dans le cadre d’un référendum, soutenu par des ONG et des partis d’opposition du pays, visant à renforcer le droit du travail et à faciliter la naturalisation des étrangers.
Mais celui-ci a tourné court ce jour. Concrètement, pour valider le résultat du vote, la participation devait dépasser 50%. Or, selon des résultats définitifs cités par les médias italiens, dont La Repubblica, le taux de participation s’est situé à 30,6%, soit nettement en deça du seuil requis. Par conséquent, le résultat du scrutin ne sera pas pris en compte.
Parmi les raisons qui peuvent expliquer ce très faible taux de participation, il convient de rappeler que la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, ainsi que de nombreux membres de son gouvernement, avaient appelé leurs partisans à s’abstenir de voter justement pour que le seuil nécessaire de votants ne soit pas atteint.
Interrogée sur ce référendum populaire, Giorgia Meloni a indiqué que «lorsqu’on n’est pas d’accord avec le contenu d’un référendum, il y a aussi l’option de l’abstention, car, comme nous l’enseigne un parti sérieux en Italie, ne pas voter lors d’un référendum est mon droit et le droit de tous, travailleurs et non-travailleurs».
«Il s’agit ici de référendum qui tend à abolir en grande partie des lois ou des parties de lois élaborées par la gauche. Que la gauche dans l’opposition demande maintenant d’abolir», a encore dit la responsable politique.
Referendum: facciamo qualche precisazione. pic.twitter.com/I7BXsZ0eyZ
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) June 6, 2025
«Je pense que si les questions qui sont soumises aujourd’hui à l’attention des Italiens avaient été si décisives pour l’Italie, la gauche, lorsqu’elle gouvernait cette nation, aurait pu les modifier tranquillement au Parlement au lieu de demander de dépenser 400 millions d’euros supplémentaires pour interroger les Italiens sur quelque chose que le Parlement aurait pu faire», a-t-elle ajouté.
«Je continue à penser que la loi italienne sur la citoyenneté est très ouverte»
Ce référendum propose notamment de réduire de dix à cinq ans la durée pendant laquelle un résident non-européen, sans lien de mariage ni de sang avec l’Italie, doit avoir vécu dans ce pays avant d’en demander la nationalité.
«Je ne suis pas pour réduire de moitié la durée de la citoyenneté. Je continue à penser que la loi italienne sur la citoyenneté est très ouverte, dans la mesure où nous sommes depuis longtemps parmi les nations européennes qui accordent le plus de citoyenneté chaque année», a déclaré Giorgia Meloni.
Dimezzare i tempi della cittadinanza? Sono contrarissima. pic.twitter.com/VwEFtrgetk
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) June 6, 2025
Et de poursuivre : «Je ne suis donc pas favorable à une modification de la réduction de la durée d’obtention de la citoyenneté. Ce qui est différent, c’est de modifier et d’accélérer le processus bureaucratique une fois que l’on a le droit d’accéder à la citoyenneté afin de l’obtenir. Comme vous le savez, c’est une question qui nous intéresse et sur laquelle nous travaillons. Mais je ne suis pas en faveur d’une réduction de moitié du temps nécessaire à l’obtention de la citoyenneté».
Il est à noter qu’en mars 2025, le gouvernement italien avait limité l’accès à la naturalisation par lien de sang, ne rendant éligibles que les étrangers ayant des grands-parents ou des parents italiens, alors qu’auparavant, l’ascendance pouvait remonter jusqu’aux arrière-arrière-grands-parents.