
Dans un tract diffusé ce mercredi 4 juin portant sur le nouveau convoi judiciaire de Mohamed Amra prévu la semaine prochaine, le syndicat FO Justice a dénoncé la volonté d’extraire le narcotrafiquant de sa cellule de prison pour qu’il soit entendu en présentiel sur son évasion.
«Nous disons « Non »». Mardi 3 juin, une source proche du dossier a confirmé à CNEWS que Mohamed Amra, le narcotrafiquant arrêté en Roumanie en février et actuellement détenu au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne), sera extrait de sa cellule de prison la semaine prochaine pour être entendu sur son évasion en mai 2024 au cours de laquelle deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia (34 ans) et Fabrice Moello (52 ans), ont été tués par balles.
Et ce nouveau convoi judiciaire du narcotrafiquant fait déjà grincer des dents du côté des organisations syndicales. Dans un tract diffusé ce mercredi 4 juin, FO Justice a dénoncé ce déplacement de Mohamed Amra de l’Orne jusqu’à Paris.
«Nous sommes indignés parce que le sang versé ici semble déjà oublié. On ne transporte pas le risque, on le maîtrise», a écrit le syndicat, rappelant que «la visioconférence existe : elle doit devenir la norme. Quand elle n’est pas utilisée pour ce type de profil, les juges doivent se déplacer en détention».
«C’est inadmissible envers nos collèges morts et blessés à Incarville»
Wilfried Fonck, secrétaire national UFAP-UNSA Justice, s’est dit «scandalisé» par cette annonce. «Si l’on peut comprendre les nécessités de la présence de l’individu à l’audience, le magistrat aurait pu se déplacer sur son lieu d’incarcération. C’est inadmissible envers nos collèges morts et blessés à Incarville».
Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est insurgé sur RTL après l’annonce du nouveau convoi judiciaire de Mohamed Amra, estimant «qu’il faut soit que le juge se déplace, soit qu’il soit qu’il y ait une visioconférence», face à ce que le ministre décrit comme «des risques majeurs».
Mohamed Amra bientôt extrait de sa prison pour être interrogé par la justice : « C’est au juge de se déplacer ou par visioconférence »@BrunoRetailleau dans #RTLMatin avec @ThomasSottopic.twitter.com/wdNHVQk7MM
— RTL France (@RTLFrance) June 4, 2025
De son côté, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, veut rassurer sur cette extraction «très encadrée». «Le ministère de l’Intérieur, qui aura la responsabilité de ce transfert, le fait dans de magnifiques conditions, que cela soit le GIGN ou le Raid. Je sais qu’il ne se passera rien», a-t-il dit sur TF1.
Pour rappel, selon nos confrères du Parisien, l’une des juges d’instruction a souhaité que Mohamed Amra soit entendu en «présentiel» sur son évasion. D’après la même source, son convoi serait piloté par le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).