le Mexique organise dimanche des élections judiciaires historiques, certains craignent l’influence des cartels

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By InfoHunter



Le Mexique organise ce dimanche 1er juin ses premières élections judiciaires avec près de 900 sièges fédéraux à la clé, dont les neuf de la Cour suprême, ainsi que 1.800 sièges locaux répartis dans 19 États. La première phase du vote est prévue ce dimanche alors que la seconde se déroulera en 2027.

Une nouveauté qui divise l’opinion publique. Quelques semaines avant la fin du mandat d’Andrés Manuel López Obrador, une réforme constitutionnelle a été votée fin 2024 sous son impulsion afin de «donner aux électeurs une plus grande influence sur le processus judiciaire».

La première phase du vote de ces élections judiciaires, mettant en jeu 881 sièges de juges et magistrats fédéraux (dont les neuf membres de la Cour suprême) ainsi que près de 1.800 sièges au niveau local, se déroule dimanche, avant une seconde phase prévue en 2027.

Les détracteurs de cette réforme ont pointé du doigt une tentative de l’ex-président mexicain de renforcer le pouvoir de son parti, Morena, en réduisant les blocages visant certaines de leurs propositions politiques. Ils ont également fait part de leur crainte que le vote populaire ne compromette l’autorité indépendante des tribunaux.

Comment le nouveau système fonctionne-t-il ?

Avant l’adoption de la réforme, les juges de la Cour suprême étaient nommés par le président et approuvés par le Sénat, tandis que les juges fédéraux étaient sélectionnés par une commission judiciaire à l’aide d’examens et de cours qui évaluaient les candidats sur une base méritocratique.

Dans le nouveau système, les candidats fédéraux seront élus par le public après avoir été examinés et nommés par les comités d’évaluation du gouvernement.

Contrairement à d’autres élections, les candidats à un poste judiciaire ne peuvent être nommés ni soutenus par aucun parti politique, selon l’autorité électorale mexicaine. Ils ne peuvent pas non plus recevoir de financement public ou privé, ce qui signifie qu’ils doivent financer leur campagne eux-mêmes. Cette règle, selon les partisans de la réforme, réduit le risque d’être influencés par les acteurs politiques, mais, selon les critiques, favorise les candidats les plus riches.

Une fois en fonction, les juges élus seront évalués par un nouveau Tribunal disciplinaire judiciaire, qui sera habilité à enquêter sur le personnel judiciaire et à le sanctionner, à l’exception des juges de la Cour suprême et des magistrats électoraux. Ces sanctions comprennent notamment des suspensions, des sanctions financières, des révocations et des disqualifications.

La crainte d’une influence des cartels

L’une des plus grandes inquiétudes des groupes de défense des droits de l’homme est que les élections pourraient également être influencées par des groupes criminels.

Cette année, le groupe de réflexion México Evalúa a averti que huit États présentaient un risque élevé de violence politico-criminelle lors des prochaines élections judiciaires, affirmant qu’il était «très probable que, par la violence, le crime organisé cherche à s’emparer des pouvoirs judiciaires, en particulier au niveau local». «Les cartels pourraient identifier les gagnants potentiels et leur offrir leur soutien en échange de leur loyauté», a-t-il déclaré.

Lors des élections précédentes, les cartels mexicains ont eu recours à la violence pour influencer l’issue du scrutin, en assassinant bon nombre de candidats auxquels ils s’opposaient. L’année dernière, le pays a enregistré un nombre record de victimes de violences politico-criminelles : Data Cívica, une organisation de défense des droits humains, a recensé 661 attaques contre des personnes et des installations.

Le groupe de défense des droits humains «Defensorxs» a également soulevé des questions concernant certains candidats à la magistrature. Cette source a déterminé que certains sont «liés au crime organisé, aux délits sexuels, aux sectes politico-religieuses et à d’autres irrégularités».

L’un d’eux a purgé près de six ans de prison aux États-Unis pour des délits liés aux stupéfiants, après avoir été accusé d’avoir fait passer plus de quatre kilos de méthamphétamines, selon Reuters. Une autre candidate était une avocate de la défense qui a rejoint l’équipe qui représentait le baron de la drogue Joaquin «El Chapo» Guzman en 2016.



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