
Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est engagé mercredi à aider Kiev à la production à la fois en Ukraine et en Allemagne de missiles longue portée, susceptibles de lui permettre d’atteindre le territoire russe en profondeur.
L’Allemagne affirme son soutien à l’Ukraine. Ce mercredi à Kiev, le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré s’engager à produire des missiles longue portée en Allemagne et en Ukraine. Une production qui devrait être sous le contrôle de l’industrie d’armement ukrainienne, avec probablement des composants livrés d’Allemagne.
«Nos ministres de la Défense vont signer aujourd’hui un protocole d’accord (…) Il s’agira d’une coopération au niveau industriel qui pourra avoir lieu aussi bien en Ukraine qu’ici en Allemagne», a déclaré Friedrich Merz en recevant Volodymyr Zelensky à Berlin.
Cela faisait déjà un certain temps que Kiev réclamait, en vain, des livraisons par la capitale allemande de missiles Taurus, d’une portée de plus de 500 km. Avant cela, le Royaume-Uni avait déjà fourni le même type de missile à l’Ukraine.
Une implication de Berlin dans la guerre
La Russie avait prévenu par avance que la livraison directe de Taurus serait considérée comme une implication directe de Berlin dans la guerre. Raison pour laquelle, depuis son arrivée au pouvoir le 6 mai dernier, Friedrich Merz, tergiversait encore sur la question.
Jusqu’à présent, l’Allemagne, qui est l’un des plus grands pourvoyeurs d’aide militaire à Kiev derrière les États-Unis, n’avait fourni à l’Ukraine que des armes d’une portée inférieure à 70 kilomètres environ.
Au cours de son déplacement à Berlin, le président ukrainien a accusé la Russie de ralentir les pourparlers de paix en cherchant «des raisons de ne pas arrêter la guerre», plus de trois ans après le début de cette dernière, ont rapporté les journalistes de l’AFP. «Nous pouvons surprendre la Russie si nous avons les fonds nécessaires», a-t-il ajouté.
Friedrich Merz a également promis ce mercredi que son pays ferait «tout» pour empêcher une mise en service du gazoduc à l’arrêt Nord Stream 2, de nouveau évoqué pour approvisionner l’Europe en gaz russe. Une manière pour lui de «continuer à augmenter la pression sur la Russie», comme il l’a déclaré.
Une rencontre trilatérale avec le président américain, Donald Trump, et le président russe, Vladimir Poutine, a été proposée mardi par le chef d’État ukrainien, dans le but de faire avancer les discussions de paix.