
Depuis 2023, un steward mène une procédure judiciaire contre Air France pour blessures involontaires émanant du «syndrome aérotoxique». Qu’est-ce que cet état pathologique mêlant symptômes physiques et neurologiques ?
Maux de tête, vertiges, problèmes digestifs et respiratoires, voici les effets sur la santé que pourraient causer l’air des avions. C’est ce qu’avance un steward qui a porté plainte contre Air France, expliquant souffrir du «syndrome aérotoxique».
Cette plainte, qui date d’avril 2024, a été formulée par le professionnel de l’aviation après trois malaises qu’il pense dûs à ce syndrome. Il assure «monter au créneau pour toute la profession» et a été entendu à nouveau par la juge d’instruction ce 22 mai 2025. Sa première plainte, déposée en 2023, a été classée sans suite, faute de lien établissant «un lien de causalité entre un état de santé allégué et un syndrome aérotoxique dont la démonstration scientifique n’est pas établie».
Maux de tête et troubles cognitifs sont les symptômes initiaux
Cette pathologie viendrait notamment de l’air pressurisé toxique des avions, contaminé par les réacteurs, notamment lors du dégagement de fumée. Selon l’Association des victimes du syndrome aérotoxique (Avsa), «sur la quasi-totalité des avions de ligne, l’air respiré à bord est contaminé, entre autres, par l’huile utilisée par la lubrification» des moteurs, qui contient des «additifs toxiques».
Selon eux, cette contamination peut avoir de nombreux effets sur la santé. Dans une majorité des cas, les symptômes initiaux sont des maux de tête et des troubles cognitifs comme la perte de mémoire, la difficulté de concentration ou les troubles de la coordination. Ensuite, cela peut s’accompagner de troubles nerveux, comme les tremblements, les vertiges et les troubles respiratoires.
«des émanations pouvant être incapacitantes»
Chez de nombreuses personnes, il faut aussi compter sur des troubles digestifs, des troubles cardiovasculaires, voire même des troubles de la vision. Tous ces symptômes dépendent de facteurs comme le temps d’exposition, l’intensité de celle-ci, le niveau de toxicité de l’air ou encore l’état de santé initial de la personne soumise à ces conditions.
Mais cette maladie, bien que démontrée par certains scientifiques indépendant, n’est pas encore reconnue par l’Agence de sécurité sanitaire, qui a encore appelé à réaliser des recherches plus approfondies en 2023. En 2017, plusieurs scientifiques ont publié une étude pour l’Organisation mondiale de la santé où ils espèrent une «reconnaissance de cette maladie professionnelle, urgemment». La Direction générale de l’aviation civile a elle-même fait état de «ces émanations, parfois incommodantes, pouvant dans des cas extrêmes être incapacitantes».
L’Association du transport aérien international (IATA) reste encore sur sa communication de 2018, où elle affirmait que «la recherche, à ce jour, n’a établi aucun lien de causalité avec les symptomes» ressentis par des équipages. Elle reprend : «Le risque à long terme pour la santé des équipages est une question controversée et si la recherche sur le sujet doit continuer, il y a beaucoup de désinformation, pas scientifiquement fondée».